A propos du Bénin

Alt text for imageTroupe de danse folklorique du Bénin

Introduction

Le Bénin est le siège de civilisations anciennes et brillantes, qui furent bâties autour de royaumes centrés sur des cités–Etats.
Les trois principaux royaumes créés par les Fon furent celui d’Allada, fondé au 16è siècle, celui d’Abomey en 1625, et celui de Porto-Novo, alors appelé Adjacè, puis Hogbonou. Ces entités politiques bien structurées étaient pourvues de centres urbains fonctionnels. Elles avaient développé un commerce local, basé dès le XVII ème siècle, sur la traite des esclaves, puis sur celle du palmier à huile après l’abolition du commerce négrier en 1807. Cette économie de traite a favorisé l’installation, le long de la côte (surnommée « côte des esclaves »), de comptoirs commerciaux contrôlés par les Anglais, les Danois, les Portugais et les Français.

Histoire

L’histoire du Bénin pourrait se découper en quatre grandes périodes :

Le Bénin-royaumes : du XVIè siècle jusqu’en 1894, le Bénin est une marqueterie de royaumes qui se font la guerre mais où s’affirme progressivement la domination de l’un d’entre eux, le royaume de Danxomé.

Le Bénin-colonie :
de 1894 à 1972, les Français vont coloniser le Bénin qu’ils appellent Dahomey. Ils y diffusent le catholicisme et forment une nouvelle élite pour son administration. A partir des années 1940, on s’achemine progressivement vers l’indépendance malgré une forte instabilité politique.

Le Bénin-dictature : De 1972 à 1990, le Bénin vit à l’heure du marxisme léninisme sous l’égide du dictateur Mathieu Kérékou. Sur le plan économique, le Bénin devient « un Etat-entrepôt » aux résultats mitigés.

Le Bénin-démocratie : A partir de 1990 jusqu’à nos jours, le renouveau démocratique se met en place, non sans difficultés (corruption, népotisme et clientélisme) et paradoxes (le dictateur Kérékou sera élu deux fois présidents de la République). Une nouvelle Constitution est promulguée.
Depuis, le Bénin fait figure de pays modèle en Afrique subsaharienne, en réussissant une transition démocratique sans effusion de sang ni coup d’Etat.
En 2006, en l’absence de Mathieu Kérékou et de Nicéphore Soglo, le jeu politique devient plus ouvert. Le premier tour des élections s’est tenu le 5 mars 2006. Vingt six candidats briguaient la magistrature suprême : des habitués et de nouveaux venus. Parmi eux, Adrien Houngbédji et Bruno Amoussou, tous deux anciens ministres de Kérékou et anciens présidents de l’Assemblée nationale. Contre toute attente, c’est Boni Yayi, dépeint par ses adversaires, comme l’émanation d’« une génération spontanée en politique », qui a ravi la vedette à ces derniers. Il emporta la décision finale, avec plus de 75% des suffrages exprimés. L’année suivante, ses partisans réunis au sein des Forces Cauris pour un Bénin Emergeant (FCBE) ont gagné les législatives. Dans la foulée, le président de l’Assemblée nationale élu Mathurin Nago est issu de ce mouvement.
Aujourd’hui, deux principaux acteurs émergent au sein de la classe politique béninoise : le président de la République Boni Yayi et son challenger du second tour, Adrien Houngbédji, qui fait office de «principal opposant » au pouvoir. Suite aux élections législatives de 2015, Me Adrien Houngbédji a été élu Président de l’Assemblée Nationale.

Monsieur Patrice Talon a remporté l’élection présidentielle de 2016 avec 65,39% de voix. Il devient depuis le 6 avril 2016 et ce, pour les cinq prochaines années, le Président de la République du Bénin. Il succède ainsi à  Boni Yayi, élu en 2006 pour la première fois à la tête de l’Etat béninois, puis réélu en 2011 pour un second et dernier mandat.

Succès

Le Bénin est à l'avant-garde de la démocratie, marquée par la tenue régulière des élections et un fonctionnement relativement satisfaisant des institutions démocratiques depuis 1990.

La croissance économique poursuit sa consolidation en 2015 avec un taux de 5,2% contre 6,5% en 2014. La dynamique de la population reste soutenue à 3,5% d’autant plus que la courbe à long terme de fécondité est remontée à 5,7 (Indice Synthétique de Fécondité). Le pays maintient ses performances en termes de stabilité macroéconomique avec un déficit budgétaire contenu à 3,1% en 2015. Le contrôle de la dette offre un espace budgétaire au programme ambitieux d’investissements publics (infrastructures, énergie et transports) ; le taux d’investissement public représente plus de 30% du budget de l’État en 2015. L’inflation reste maitrisée à moins d’un pourcentage de progression. L’entrée en vigueur du TEC de la CEDEAO en janvier 2015 n’a pas encore fait l’objet d’évaluation de son impact sur l’économie et les recettes douanières.

La réforme dans la gestion des finances publiques progresse, avec la mise en œuvre de la Loi Organique relative aux Lois de Finance. Le Bénin fait partie comme l’an passé des 10 meilleurs réformateurs au monde de la réglementation des affaires selon le rapport Doing Business de la Banque Mondiale, grâce à une réduction des coûts de formalisation des entreprises et de la durée d’octroi de permis de construire, et à l’informatisation des opérations de commerce transfrontalier. Au classement 2015 de Transparency International, le pays gagne trois points.

Défis

Au Bénin, les statistiques montrent que des défis importants se situent au niveau de l’ampleur de la pauvreté, notamment en milieu rural, de l’insécurité alimentaire, de la question préoccupante du chômage des jeunes et du financement du développement. Le relèvement de ces défis constitue un sujet de préoccupation majeure pour la grande majorité des populations béninoises. Il découle de ce constat l’urgence d’identifier de nouvelles politiques en faveurs des pauvres permettant, entre autres, de mieux tirer profit du potentiel de croissance, notamment en milieu rural, et d’utiliser ce cadre pour générer de l’emploi pour les jeunes. En effet, réduire significativement la pauvreté par la création d’emplois décents nécessite une accélération de la croissance soutenue ainsi que sa répartition équitable.

Les  évolutions positives sur le plan macroéconomique et politique n'ont pas induit de changement fondamental dans le niveau de développement du Bénin qui demeure classé parmi les pays à faible développement. En 2014, l'indice de développement humain (IDH) enregistré par le Bénin s’élève à 0,480 contre 0,476 en 2013, en-dessous de la moyenne de 0,518 pour l’Afrique subsaharienne.

Si des progrès considérables ont été réalisés en matière d’augmentation de la scolarisation dans l’enseignement primaire depuis l’adoption des OMD en 2000, le maintien des enfants à l’école reste un défi important.

Par ailleurs, la baisse du taux d’alphabétisation des 15-24 ans est un phénomène particulièrement inquiétant qu’il convient de souligner. En effet, ce taux a décru de 13 points entre 2010 et 2014. Ainsi, plus de la moitié (56,1%) des jeunes femmes ne savent actuellement ni lire, ni écrire ; c’est également le cas pour 2 jeunes hommes sur 5 (40,1%).

En ce qui concerne la participation des femmes à la vie politique, il est à noter qu’au cours des 25 dernières années, la proportion de sièges occupés par des femmes à l’Assemblée Nationale n’a dépassé 10% qu’une seule fois, lors de la législature 2007-2011. Au niveau communal, on enregistre à peine 2,6% de femmes élues maires en 2015.