Un contrôle efficace des retards et absentéisme


M. Rodrigue Fiossi, Responsable du Service Informatique au MRAI

«La perte de temps annuelle dans l’Administration publique béninoise occasionne un coût d’opportunité dont l’équivalent en termes d’emplois potentiels varie de 10.000 à 13.000 postes à plein temps et en termes monétaires à 73,2milliards de francs CFA», selon un rapport du Conseil Economique et Social en 2006. Dans le souci de combattre le retard et l’absentéisme des agents permanents de l’Etat, un dispositif biométrique a été mis en place au Ministère de la Réforme Administrative et Institutionnelle (MRAI). Après six mois d’expérimentation, l’évaluation de ce nouveau mécanisme de contrôle de la ponctualité et de la présence a permis de constater un changement de comportements des fonctionnaires dudit ministère. Le taux de retard et d’absentéisme est passé de 78,18% à 46,97%.

Retard, mauvais accueil, absentéisme, ce sont là des scènes courantes dont  les citoyens béninois sont victimes dans l’administration publique.  Selon les Etudes nationales de perspectives à long terme sur le Bénin (Benin Alafia 2025), l’administration publique béninoise ne répond pas aux exigences d’une administration de développement En dépit des mesures prises notamment la signature d’un cahier de présence dès l’arrivée au service, certains agents réfractaires continuent leurs mauvaises pratiques.

A retenir

  • Le taux de retard et d’absentéisme est passé de 78,18% à 46,97%
  • Le nom des retardataires et absentéistes est affiché tous les mois. Progressivement, on a constaté une diminution du nombre de retards de 32%.

Le PNUD a appuyé le Ministère de la réforme administrative et institutionnelle, chargé de conduire les différentes réformes devant améliorer la gouvernance au niveau des services et institutions de l’Etat. à se doter en février 2009 d’un dispositif biométrique de gestion de présence des personnels administratifs au niveau de son département. Des appareils biométriques sont disposés à chaque pallier du bâtiment central du ministère et sont reliés par un serveur. Chaque appareil biométrique est composé d’un lecteur biométrique qui utilise une lumière infrarouge, un œil optique, un capteur CCD pour obtenir une image tridimensionnelle de la main.

Le fonctionnement de l’appareil est très simple, nous explique Rodrigue Fiossi, Responsable du Service Informatique du Ministère. Tout d’abord, chaque agent se fait enregistrer : nom, photo et empreintes digitales. On lui attribue un identifiant. Une fois l’enregistrement fait, l’agent est tenu à l’arrivée et à la sortie du bureau, de taper son code, poser sa main pour faire enregistrer au niveau de l’appareil l’heure à laquelle il est arrivé au bureau et l’heure de sortie. Les renseignements sont sauvegardés par le serveur et permettent de faire le point de l’heure d’arrivée et de sortie de chaque agent, de dresser la liste des agents présents, la liste des absents, des retardataires et le nombre total d’heures de travail effectuées par chaque agent pour une période donnée. Le nombre d’heure de travail réglementaire dans l’administration publique est de huit (8) heures par jour, soit 40 heures par semaine. Une lettre de félicitation est adressée aux agents exemplaires, qui ont effectué cette masse horaire ou qui l’ont même dépassée. Le nom des retardataires et absentéistes est affiché tous les mois. Progressivement, on a constaté une diminution du nombre de retards de 32%.

Au sujet de l’efficacité du dispositif biométrique, M.Ignace Houéto, Expert en Gestion du Changement, Leadership et Ethique au MRAI, affirme qu’il est un bon contrôleur de la présence au poste de chaque agent. Il reconnaît toutefois que l’appareil biométrique n’est pas suffisant pour régler le problème de présence au travail, car la masse de travail ouvrée lui échappe entièrement. Des mesures additionnelles comme la mise en œuvre de la généralisation de la gestion axée sur les résultats et l’évaluation des résultats de chaque fonctionnaire basée sur des descriptions de poste clairement définies sont nécessaires.

Publications
Rapport d'Evaluation du Bénin dans le cadre du Mécanisme africain d'Evaluation par les Pairs

Le Bénin a signé le Protocole d‟Entente le 31 mars 2004, marquant ainsi l‟engagement des responsables politiques béninois vis-a-vis de leur peuple et de la communauté internationale à observer les principes de la démocratie, de la bonne gouvernance politique, économique et d‟entreprises, à travers une évaluation périodique par leurs pairs Africains.

Charte Nationale pour la gouvernance du développement du Bénin

Nous, représentants des Institutions de la République, des pouvoirs locaux, des Partis politiques, des syndicats, du secteur privé et des organisations de la société civile (confessions religieuses, médias, organisations socioprofessionnelles, chefferie traditionnelle, associations de développement, associations des femmes, associations des jeunes) parties prenantes à la présente convention d’adoption de la charte nationale pour la gouvernance du développement du Bénin

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