Nourrir sa famille avec la production du miel


Orou Boko Kinta est un grand producteur de coton dans la commune de Sinendé, au Nord-Est du Bénin. Il a été deux fois lauréat du meilleur producteur de coton dans sa localité. Mais très tôt, il a compris, qu’il devait entreprendre une activité alternative pour subvenir aux besoins de ses 13 enfants (5 garçons et 8 filles).  Et depuis ce moment, il s’est donné entièrement aux cultures pérennes et à l’apiculture.

« Nous, paysans de Sinendé étions conscients que la culture extensive du coton mettait en danger nos terres. Mais nous étions obligés de continuer car c’était la seule culture qui nous rapportait de l’argent en une seule fois. Et comme les abeilles me rapportent aujourd’hui autant d’argent que je gagnais avec le coton, j’ai laissé le coton. Je plante les arbres pour nourrir mes abeilles, c’est plus facile », affirme Orou Boko.

Grâce au Programme de Microfinancement du Fonds pour l’Environnement Mondial (PMF/FEM)/ PNUD, Orou  Boko est  aujourd’hui devenu le meilleur producteur de miel dans les départements du Borgou Alibori. En dehors de la vente du miel et de la cire, son verger d’anacarde et de manguiers lui rapporte également des revenus complémentaires. Pour chaque campagne apicole, il fait en moyenne une recette de  700 000 FCFA  avec la vente de miel et de cire d’abeilles. Il gagne bien sa vie et a pu inscrire l’un de ses fils au Lycée Agricole Médji de Sékou.

Comme Orou Boko,  une soixantaine d’apiculteurs  modernes dont 12 femmes ont été appuyés  par l’Organisation Non Gouvernementale GARARNI (Groupe d’Actions pour la Recherche en Apiculture et en Ressources Naturelles Intégrables.). Cette ONG œuvre au Bénin depuis 2002 pour la protection du couvert végétal dans la Commune de Sinendé,  plus précisément dans les arrondissements de Sinendé  et de Sèkèrè dans les villages   Gnaro,  Sèkèrè,  Kparo et  Yarra avec le soutien de la Mairie de Sinendé et du PMF/FEM/PNUD.

Les populations de ces localités s’adonnaient à la chasse au miel partout dans les forêts classées et galeries forestières pour subvenir à leurs besoins fondamentaux. Pour recueillir le miel et subvenir à leurs besoins, les populations coupaient les gros arbres qui servent de gîtes aux abeilles, brûlaient les abeilles et incendiaient les forêts, contribuant ainsi à la déforestation.  C’est ainsi que GARARNI - ONG a  identifié des collecteurs de miel dans la commune de Sinendé pour les initier en techniques d’apiculture moderne et à la fabrication de la ruche à rayons fixes en tôle afin de réduire les pressions exercées sur les ressources naturelles. Avec le financement du PMF/FEM - PNUD, les apiculteurs ont bénéficié également chacun d’un kit d’équipements apicoles constitué d’enfumoirs, de ruchettes, de ruches kenyanes en bétons, de paires de bottes et de gants de lève cadres et des équipements collectifs constitués de moule à ruche kenyane d’égouttoirs, de tamis, de brouettes, de pelles, d’arrosoirs, etc.

Par ailleurs, l’ONG a aidé les producteurs ciblés  à planter des hectares de Gméllina arborea, de Khaya senegalensis, et de fruitiers (des plantes dont les abeilles butinent les fleurs). Une pépinière est implantée dans chaque Groupement d’Apiculteurs –Planteurs (GrAP) ce qui a permis de mettre en terre 9730 plants pour en trois (03) campagnes de reboisement. Quatre (4) sites apicoles existent, 180 ruches kenyanes en béton, 360 ruches à rayons fixes en tôle financées par le PMF/FEM sont installées. Aujourd’hui 100% des colonies sont exploitables ; antérieurement, 4 598 litres de miel sont récoltés et vendu ; 330 kg de cire d’abeilles fondues et 18,5 kg de propolis récoltées.

En huit ans  d’activités, le site apicole de Gnangbannou est passé de 20 à 42 ha à Gnaro.

D’un coût global de 20 302 000 FCFA, le projet  a reçu le cofinancement de  plusieurs partenaires notamment l’ONG pour un montant de 1 360 000 Fcfa,  la mairie de Sinendé pour un montant de 3 000 000 FCFA en nature, et les bénéficiaires eux-mêmes pour un montant de 1 442 000 FCFA en nature . Pour M. Moumouni, le Directeur Exécutif de GARARNI ONG, «Des efforts doivent être consentis pour poursuivre la sensibilisation des populations riveraines de ces sites. Car, ces résultats concrets et palpables que nous venons de citer plus haut ne sont pas une fin en soit, il faut bien les expliqués aux groupes cibles afin de les convaincre à accepter l’introduction et le développement de l’apiculture dans toute la région; ainsi on aurait donné une occasion aux paysans d’aimer plus la nature pour qu’ils en deviennent naturellement les meilleurs protecteurs. . ».  

A Retenir

  • Mis en terre de 9730 plants pour trois (03) campagnes de reboisement
  • Installation de (4) sites apicoles avec 180 ruches kenyanes en béton et 360 ruches à rayons fixes en tôle
  • En huit ans d’activités, le site apicole de Gnangbannou est passé de 20 à 42 ha à Gnaro
  • Une recette de 700 000 FCFA pour chaque campagne apicole, avec la vente de miel et de cire d’abeilles
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