Des rendements agricoles meilleurs avec le mucuna


Le responsable du Développement Rural, le 1er Adjoint au Maire, le Secrétaire Général de la Mairie, le Directeur de ODAS ONG et un technicien en Visite de suivi contrôle des actions du projet auprès de Joël Deloutondji. Crédits photo : PNUD Bénin

Joël Deloutondji (la houe sur les épaules, sur la photo) est agriculteur dans le village de Koutago, commune de Savalou au Bénin. Avant la campagne agricole 2009-2010, il avait perdu tout sans espoir face au faible rendement de ses cultures, auxquels sont venus s’ajouter les effets néfastes du changement climatique. Aujourd’hui, le rendement de ses cultures est passé du simple au triple grâce à la technique de fertilisation des sols par le mucuna.

« Toutes mes terres sont lessivées, je n’ai plus 500kg de maïs à l’hectare malgré les apports en engrais minéral. Je n’ai plus de terre en friche. Difficile de cultiver des ignames dans ces conditions. Tout ce passe comme si la nature est contre moi», se plaignait Joel Deloutondji. Grâce à l’appui de l’ONG ODAS, Joël a changé en 2010 ses pratiques culturales en s’appropriant la technique de fertilisation des terres avec le mucuna. Grâce à cela, le rendement de son maïs a triplé au bout d’un an, passant de 500kg/ha à 1600kg/ha.

A retenir

  • 93,92% des producteurs ont adopté l’innovation et appliquent les itinéraires techniques de production du mucuna comme fertilisant ;
  • Le rendement du maïs a triplé au bout d’un an, passant de 500kg/ha à 1600kg/ha;
  • L’appropriation, l’adoption et l’application des bonnes pratiques de fertilisation du sol à l’aide du mucuna ont été effective sur plus de 289 ha contre 340 ha fixés au départ soit 85% ;
  • La technique de fertilisation du sol à l’aide du mucuna a contribué à améliorer significativement le revenu agricole de 340 agriculteurs et par ricochet les conditions de vie de leurs familles et le bien être d’une communauté de 9474 habitants.

Dans la commune de Savalou, les exigences climatiques et normatives des cultures de rente dont notamment le coton, ont amené à la généralisation de la culture extensive (sans un minimum de soin) pour la préservation durable des sols. Les mutations spatiales en cours dans la commune sont fortement liées à l’épuisement des ressources naturelles.

La situation physique de l’espace ou son occupation garantie par le droit coutumier ont conduit progressivement à la fragilisation des exploitations agricoles à cause du non renouvellement correct du capital fertilité des terres agricoles.

De 2000 à 2003, le service de recherche développement de Savè  a mis au point des technologies agricoles à base de  légumineuses herbacées et arbustives. Cette expérience a permis de faire passer  le rendement du maïs du simple au triple à l’hectare sur un sol ayant le mucuna d’un an comme précédent cultural. Lorsque le mucuna reste durant deux ans sur le terrain, le rendement du maïs passe de 800Kg /ha à 3 tonnes à l’hectare.

Au regard des résultats spectaculaires de l’institut National de Recherche Agricole du Bénin (INRAB) et face aux contraintes de fertilité des sols, l’Organisation des acteurs pour un Développement à la base et Assainissement (ODAS ONG) avec l’appui du Programme de Microfinancement du Fonds pour l’Environnement Mondial (PMF/ FEM) et du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), a décidé d’accompagner 340 agriculteurs dans l’appropriation, l’adoption et l’application de cette technique de fertilisation du sol à l’aide du mucuna.

L’ONG ODAS a reçu un montant de 11.000.000 Fcfa dont 6.000.000 FCFA comme Fonds d’Appui à l’Environnement et au Développement (FAED) pour faciliter l’accès aux semences et aux intrants. Elle a formé les agriculteurs sur les techniques de production de mucuna. 93,92% ont adopté l’innovation et appliquent les itinéraires techniques de production du mucuna comme fertilisant.

L’introduction du mucuna dans cette communauté à permis à certains producteurs d’accroitre le rendement de leur production cotonnière en passant de 850kg/ha à 2 tonnes/ha. Cette technologie a contribué à améliorer significativement le revenu agricole de 340 agriculteurs et par ricochet les conditions de vie de leurs familles et le bien être d’une communauté de 9474 habitants.