L'agriculture biologique pour préserver les ressources du parc Pendjari

L'épouse de Benoît Dari dans son champ de coton biologique. Crédit photo: PNUD Bénin/Elsie Assogba

Benoît Dari est un agriculteur pas comme les autres dans le village de Setchinga, commune de Tanguiéta au Nord du Bénin. Il a fait de l’agriculture biologique son activité principale. Même s’il n’arrive pas encore à emblaver de très grandes superficies, ce quadragénaire et père de six enfants vit bien avec sa famille. Pour diversifier ses sources de revenus, Benoît fait de l’apiculture. Il exprime sa fierté de contribuer à la préservation de l’environnement et de la biodiversité dans son village.

« Ici, la production du coton conventionnel dégrade les sols.  Avec le bio, on a pu régénérer quelques terres dégradées. Je n’ai plus besoin d’engrais pour fertiliser le sol ni de pesticide pour l’entretien des plants. J’utilise du compost facile à fabriquer et je fais aussi de la culture en couloir. Cette année, j’ai produit un hectare et un quart de soja et un hectare de coton bio. J’attends une recette de 500 000 Fcfa pour ces deux cultures après récolte ».

Comme Benoît environ 775 producteurs appuyés par l’Union des Associations Villageoises de Gestion des Réserves de Faune Pendjari (U-AVIGREF) dont plus de 500 femmes s’adonnent désormais à l’agriculture biologique dans la zone tampon de la Réserve de biosphère de Pendjari au Nord-Ouest du Bénin à 600 km de Cotonou.

A retenir

  • La production du coton bio a contribué à la préservation des ressources du parc et à l’amélioration des conditions de vie d’environ 775 producteurs dont plus de 500 femmes dans la zone tampon de la Réserve de biosphère de Pendjari.
  • Les producteurs bio ont vu leur rendement s’améliorer passant de 180 à 671 hectares pour le coton biologique et de 15 à 45 hectares pour le soja et de 35 à 69 hectares pour le sésame.
  • L’U-AVIGREF a été lauréat du Prix Equateur du PNUD en 2014, pour sa gestion durable des terres.

Une étude réalisée par les gestionnaires du parc Pendjari a révélé une forte quantité d’Endosulfan, un pesticide couramment utilisé sur les plants de coton conventionnel, dans les cours d’eau de la réserve ; ce qui constitue une menace pour la santé des populations riveraines et de la faune, raconte M. Djaleni Djato, Secrétaire Exécutif de l’U-AVIGREF. Cette situation est d’ailleurs à l’origine de l’initiative de la promotion du coton biologique.

Pour réduire le risque de contamination, l’U-AVIGREF a démarré en 2008 la mobilisation des producteurs autour de l’agriculture biologique avec l’appui de la coopération suisse et d’autres partenaires. Elle a bénéficié en 2011 d’un premier financement du Programme de Microfinancement du Fonds pour l’Environnement Mondial et du Programme des Nations Unies pour le développement (PMF-FEM/PNUD) pour un montant de 18 000 000 Fcfa (environ 36 000 $US) et d’un deuxième financement de 23 000 000 de Fcfa (environ 46 000 $US) pour renforcer ses activités sur le terrain.

L’appui reçu du PMF- FEM/ PNUD a permis l’encadrement technique des producteurs, leur formation sur les techniques culturales et de fertilisation de sols par le compostage et la rotation des cultures. Cet appui reçu est également allé à des transferts de compétences pour l’adaptation aux changements climatiques, à l’équipement des producteurs en matériels agricoles (charrettes, brouettes, etc.), la production des semences et la mise à leur disposition de semences résilientes aux changements climatiques. En dehors du coton, d’autres spéculations comme le soja et le sésame bio sont promues.

Aujourd’hui, la production est passée de 180 à 671 hectares pour le coton biologique et de 15 à 45 hectares pour le soja et de 35 à 69 hectares pour le sésame. Le coût de production coton biologique est 5 fois moins cher que celui du coton conventionnel.

L’agriculture biologique a permis d’autonomiser des centaines de femmes. Plus de 70% des agriculteurs biologiques accompagnés par l’U-AVIGREF sont des femmes. Certains hommes s’appuient sur les bénéfices qu’elles en tirent pour assurer la scolarisation des enfants.

« Le système de production biologique est très contraignant, mais les résultats sont encourageants au plan écologique et même économique. Le coton bio coûte à la vente 312 Fcfa le kilo tandis que le coton conventionnel coûte 260 Fcfa le kilo », a expliqué M. Seraphin Kouagou, membre de l’U-AVIGREF.

Les principales difficultés auxquelles les producteurs bio font face sont le manque de terre et parfois de débouchés pour l’écoulement de leurs produits. « La faible volonté politique ne nous permet pas de porter la production du coton biologique à une très grande échelle », se plaint Benoit. Afin de mieux se positionner sur les marchés, les dispositions sont en train d’être prises au sein de la plateforme nationale des producteurs bio du Bénin, rassure le Secrétaire Exécutif de l’U-AVIGREF.

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