Les femmes de Boutena sortent de la pauvreté


Mohamed Sabi Kabo Gnongassere (devant), est la Présidente de la Coopérative villageoise des riziculteurs et maraîchers de Boutena, dans le village de Founougo B. Crédits Photo: PNUD Bénin / Giacomo Pirozzi

Mohamed Sabi Kabo Gnongassere, la soixantaine environ, est la Présidente de la Coopérative villageoise des riziculteurs et maraîchers de Boutena, dans le village de Founougo B. Cette mère de 6 enfants se bat depuis des années contre la pauvreté. Mais depuis 2012, elle voit le bout du tunnel. Le sourire aux lèvres, Gnongassere nous confie : « J’arrive  à prendre en charge ma famille. »

La Coopérative villageoise des riziculteurs et maraîchers de Boutena est composée de 56 membres (52 femmes et 4 hommes) et appuyée depuis janvier 2012) par le Projet Villages du Millénaire (PVM). Ce projet financé par le Gouvernement du Bénin, la mairie de Banikoara, le Japon et le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD),  vise l’éradication de l’extrême pauvreté dans la commune de Banikoara, identifiée comme l’une des plus pauvres de toutes les 77 communes du Bénin.

A retenir

  • Dans le domaine de l’agriculture à Banikoara, le Projet a contribué aux résultats suivants : Appui à l’aménagement sommaire de 5 bas fonds (Kandèrou, Koné, Founougo, Yabadou, Bouténan) pour la production d’environ 71 ha de riz ; Production et productivité agricole améliorée d’au moins 50 % ;
  • Appui à l’acquisition et à la distribution des intrants agricoles au profit de 318 producteurs de maïs, de 5 groupements de producteurs de riz (10 tonnes de semences maïs, 6 tonnes de semences de riz 6 tonnes, 1800 litres d’herbicide maïs, 250 litres d’herbicide, riz, etc. ;
  • Appui à la mise en place de 17 coopératives pour coordonner l’appui du PVM au profit des producteurs (5 coopératives pour les producteurs de riz, 6 pour les producteurs de maïs, 3 coopératives pour les éleveurs et 2 pour les pêcheurs) ;
  • Formation des responsables des producteurs sur différents thèmes (opérations post récolte, commercialisation, gestion d’une organisation, warrantage, etc.) et Construction de 3 magasins de stockage des produits agricoles.

« Avant, les femmes produisaient du riz pour l'autoconsommation, puisqu'elles n’arrivaient pas exploiter tout le potentiel du bas fond. Par ailleurs, le peu de superficie emblavée était dévastée par les troupeaux de bœuf en transhumance ou animaux en divagation », explique Abiboulaye Boni Mama, Spécialiste en agriculture au PVM.

 Le PVM a renforcé leurs capacités au plan technique et matériel. La 1ere action du PVM fut d’organiser les hommes et femmes du village en coopératives. Le projet a par ailleurs mis à leur disposition des équipements (égreneuses, tracteurs, etc.) et des intrants (des fertilisants, des pesticides). Il leur a organisé une visite d’échanges pour voir les riziculteurs de Malanville et de Karimama. Un tracteur de grande capacité a été mis à leur disposition pour la préparation du sol et le labour. L'ensemble des appuis apportés aux coopérateurs de Bouténan est évalué à 2 151 935 francs CFA et est composé de l'appui à l'aménagement des bas-fonds (216 115 FCFA), la mise à disposition des intrants (semences, engrais minéraux, herbicide pour un montant de 1 149 000 FCFA), la mise en place de petits matériels (468 505 FCFA), le renforcement des capacités techniques (318 315 FCFA).

Chacun des membres de la coopérative exploite sa parcelle, mais les moyens de productions sont communautaires. C’est ainsi que Gnongassere a produit un demi hectare de riz en 2012.

Après la récolte, elle a vendu 25 sacs de 120kg de riz à raison de 20 000 FCFA le sac. L’argent issu de la vente, lui a permis d’acheter une paire de boeufs, un mâle et une femelle, qu’elle élève. Ces animaux lui servent également pour la traction animale.

Tous les membres de la Coopérative des riziculteurs et maraîchers de zone d'intervention du PVM ont produit en 2012,  71 ha de riz, qu’ils ont stockés au magasin construit avec l'appui du PVM contre un crédit reçu d’une Organisation non Gouvernementale de Microfinance appelée SIAN’SON MICROFINANCE, pour faire face aux charges quotidiennes. Le crédit a permis à certains de mener des activités de contre saison pour la consommation familiale.

L’autre partie  de la récolte a été vendue notamment à la Société Nationale pour la Promotion Agricole (SONAPRA) contre un montant de 28 756 000 Fcfa pour l'ensemble des coopérateurs.