Vue détaillée



La population du Bénin est  aujourd’hui d’environ dix (10) millions d’habitants, dont environ 52% de femmes. Malgré cette supériorité numérique, les femmes sont sujettes à diverses discriminations qui impactent négativement leur bien-être. Alors que le Bénin dispose d’une constitution qui prône l'égalité en droit de la femme et de l'homme, et a ratifié divers instruments internationaux qui proscrivent la discrimination basée sur le sexe. La Constitution du Bénin proclame l’égalité de tous devant la loi sans distinction de sexe, et la jouissance par toute personne majeure de ses droits civils notamment. Ces droits proclamés par la Constitution sont conformes à la convention  internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des  femmes que le Bénin a ratifiée.

Depuis plusieurs décennies, les femmes béninoises au sein de différentes organisations mènent le combat pour l’amélioration du statut juridique de la femme et la prise en compte des défis et enjeux du genre dans la planification du développement.

L’année 2015 a été marquée par l’évaluation de ces Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) et par l’adoption de nouveaux Objectifs du Développement Durable (ODD). Le troisième objectif (OMD3) de ce consensus international est relatif à la promotion de l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes. Pour atteindre cet objectif, la communauté internationale a recommandé aux Etats d’œuvrer pour l’élimination des disparités entre les sexes dans les enseignements primaire et secondaire entre 2000 et 2005 et si possible, à tous les niveaux de l’enseignement en 2015 au plus tard.

Les indicateurs retenus pour mesurer les progrès réalisés par les pays sont les suivants :

  • rapport filles/garçons dans l’enseignement primaire, secondaire et supérieur ;
  • proportion de femmes salariées dans le secteur non agricole ;
  • proportion de sièges occupés par les femmes au parlement national.

Au Bénin, si la parité à l’école maternelle est dépassée depuis 2009 (ratio fille/garçon 1,08 en 2014), la marginalisation des filles se déroule progressivement tout au long de leur parcours scolaire. Une première déperdition a lieu lors de l’inscription au primaire (ratio filles/garçons de 0,93 pour le taux net d’admission), puis ce phénomène s’accentue en cours de secondaire (ratio filles/garçons de 0,76 en 2014), alors même que la transition vers le secondaire est quasiment paritaire (0,99 en 2014). Enfin, l’écart reste important dans le cycle supérieur (ratio de 0,16 en 2011). La fécondité précoce est sans nul doute l’un des facteurs explicatifs de cet état de fait, sachant qu’en 2014, dans la tranche d’âge des 20-24 ans, près d’une femme sur 5 (19,4%) a eu au moins une naissance vivante avant l’âge de 18 ans. Les départements urbanisés présentent plus de parité, à commencer par le Littoral, comprenant la ville de Cotonou, qui est le seul à avoir atteint la parité dans l’enseignement primaire (1,02).

Les inégalités persistent sur le marché du travail…

Les inégalités perdurent sur le marché du travail. Seules 5% des femmes sont salariées, contre 16,8% des hommes. 95% des femmes travaillent dans le secteur informel, principalement dans le commerce. De même, la proportion de femmes employeurs (0,7% contre 2% chez les hommes) n’a quasiment pas évolué depuis 2002. Dans l’administration publique, le ratio femmes/hommes parmi les agents permanents de l’Etat n’a pas dépassé 2 femmes pour 5 hommes entre 2000 et 2008. Ce ratio baisse encore lorsque l’on monte dans la hiérarchie de la fonction publique : les hommes sont ainsi quatre fois plus nombreux que les femmes parmi les cadres de cette catégorie (ratio de 0,23 en moyenne de 2000 à 2008), mais aussi parmi les enseignants du primaire (ratio de 0,26).

Un manque de représentation en politique

Sur les 25 dernières années, la proportion de sièges occupés par des femmes à l’Assemblée Nationale n’a dépassé 10% qu’une seule fois lors de la législature 2007-2011 ;

Le pourcentage de femmes au sein de l’exécutif a connu un pic à 30% aux trois gouvernements de mai 2011 à août 2013.

Le dernier Gouvernement de 2015 a compté 14,8% de Femmes. Après l’élection Présidentielle de 2016, le Gouvernement (avril 2016) compte 14,28 % de femmes Ministres, soit 3 ministres sur 21.  Aussi à l’issue des élections communales et municipales de 2015, seuls 2,6% des Maires sont des femmes ; 64 femmes élues sur les 1435 conseillers communaux et municipaux.  La situation n’est pas plus reluisante dans les autres institutions de la République. En 2015, on note: Cour constitutionnelle (28,57%), Conseil économique et social (10%), Haute autorité de l’audiovisuelle et de la communication (28,57%).

Nos résultats en 2015

L’appui du bureau a contribué au renforcement de la Gouvernance inclusive axée sur la réduction des inégalités dans plusieurs domaines du développement.

I. En matière de la  Gouvernance démocratique et de la promotion des droits humains:

(i)  la promotion de « Gender Mainstreaming » pour augmenter les capacités des cadres de l’administration publique à élaborer les documents budgétaires sensibles au genre, de même que les politiques publiques. Cela a abouti à l’élaboration d’un plan national pour la budgétisation sensible au genre. Aussi un Guide d’élaboration de politiques et stratégies intégrant le genre est mis à la disposition des cadres du Ministère de développement. Tous ces outils ont contribué à une meilleure prise en compte du Genre dans les documents budgétaires 2015 et dans le document d’évaluation de la SCRP 3. De même, certains acteurs  dans divers Ministères sectoriels (11), notamment dans les secteurs sociaux (la santé, l’éducation, la sécurité alimentaire, la famille, l’énergie, la microfinance et le changement climatique, etc.),  ont été renforcés pour la maitrise des outils de budgétisation sensible au genre) afin d’optimiser la mise en application du cadrage budgétaire.

(ii) Le renforcement des capacités des femmes pour la gestion des affaires publiques qui demeure jusqu’à présent un défi à relever. En prélude à l’élection présidentielle de 2016 au Bénin, le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a organisé en 2015,  un atelier de formation modulaire BRIDGE (Bâtir des Ressources pour la Démocratie, la Gouvernance et les Elections) sur le thème « Genre et Election» au profit des Organes en charge des élections et des réseaux et associations de femmes.  Cet appui aux OSC a permis une participation active des femmes au processus des élections législatives et communales de 2015 à travers l’animation d’une Case de Veille électorale. Aussi, elles ont pu organiser des campagnes de sensibilisation des femmes sur divers thématiques (corruption en période électorale ; la Paix et la non-violence, etc). Aussi des femmes ont été fortement impliquées dans les opérations d’observation du scrutin. Les capacités des observateurs électoraux ont été renforcées. Ils ont été formés sur l’utilisation des TIC et l’envoie  des sms.

(iii) L’atténuation de l’impact des Violences Basées sur le Genre (VBG) par la réalisation en collaboration avec le Ministère en charge de la promotion de genre et de l’ONG Social Watch, d’une plateforme numérique de dénonciation des cas de VBG. Cet outil a contribué au renforcement du mécanisme de lutte et du dispositif d'écoute et d'orientation des victimes mis en place par le Ministère en charge de la famille et du Genre. Aussi, des appuis techniques ont été donnés aux acteurs de la Direction de la Police Nationale et de la Gendarmerie pour le renforcement de capacités des Officiers de Polices Judiciaires (OPJ) sur les Procédures Opérationnelles Standards (POS) de prise en charge des victimes et sur les « Actes qualifiés de violences Basées sur le Genre ». Egalement, 45 professionnelles des médias, notamment ceux des radios et télévisions communautaires ont été formés à une meilleure compréhension des « Actes qualifiés de violences Basées sur le Genre ». et sur le mécanisme de prise en charge au Bénin.

(iv) Sur l’initiative du PNUD, le SNU dispose en 2015 d’un programme conjoint «Elimination des  Violences faites aux femmes et Promotion des Droits Humains », en cours d’exécution avec l’UNFPA, l’UNICEF et l’OMS et d’un programme d’appui à la justice qui permettront de renforcer le mécanisme de prise en charge des victimes de VBG et faciliteront l’accès des femmes, surtout les plus  vulnérables à la justice.

II. En matière de l’autonomisation économique et de l’adaptation au changement climatique :

L’autonomisation économique des femmes se trouve être renforcée à travers la mise en œuvre des projets PPEA, PVM, BPC/WBPC, PANA et autres.

L’appui du PNUD a contribué :

(i) A faciliter la participation des femmes dans les secteurs économiques jusqu’ici réservés aux hommes. Cela se traduit par 60 nouvelles entrepreneuses agricoles techniquement outillées et installées. A travers le Projet Village du Millénaire (PVM), 75 femmes productrices agricoles ont bénéficié d’accords de crédit avec des Institutions de Microfinance pour booster la production alimentaire contribuant ainsi à l’accroissement de leurs revenus et la sécurité alimentaire dans la localité. Par ailleurs, 2 femmes professionnelles de la cuniculture ont été formées et équipées. Il faut ajouter que 360 femmes membres de Coopératives agricoles de Banikoara ont accru leur revenu grâce au renforcement de leurs capacités dans le domaine de la gestion de la fertilité des sols et la modernisation des opérations de battage du riz (qui étaient manuelles) avec la mise à leur disposition de 4 batteuses de grande capacité.

Au  renforcement de capacités des femmes pour la production de plusieurs spéculations dans les domaines d’élevage  et de l’agriculture afin de leur permettre de s’adapter aux effets du changement climatique. A cet effet,  plus de 139 femmes productrices  des zones d’intervention du projet PANA1 (Damè, Bopa, Sèhomi, Lagbavé Ahomey-oumey,) ont bénéficié de formations sur les nouvelles technologies de production à cycle court  (le riz, le Soja, le maïs, les produits maraichères). Aussi, environ 3 150 plants de palmier à huile sélectionnés sur 22 ha ont été mis à la disposition de 42 producteurs dont 9 femmes.  Au niveau de l’élevage, notamment l’aviculture, des femmes ont bénéficié de formation sur  les techniques de conduite d’un élevage avicole  et ont obtenu un appui  chacune en 100 coqs géniteurs améliorateurs. En pisciculture, par exemple,  il y a eu  22 femmes renforcées à Sô-Ava (village lacustre). Cela leur permet de renforcer leur autonomisation économique. Aussi, pour permettre aux femmes de contribuer à la protection des ressources naturelles, 78 femmes provenant des Groupements féminins ont bénéficié  des formations en techniques de fabrication des foyers améliorés dans les communes de Sèmè-Kpodji, Akpro-Missérété, Dangbo et Zogbodomey.