Les femmes maraîchères de Zonmon à l’école de l’agriculture biologique

06 sept. 2013

imageLes femmes maraîchères de Zonmon entrain d'être formées aux techniques de compostage

Pendant que les travaux d’aménagement et de construction des infrastructures de production  se poursuivent sur le site, le Centre National Songhaï de Zagnanado accueille de nouveaux bénéficiaires, en dehors des 65 jeunes gestionnaires de ferme, qui y mènent leurs activités agricoles. Il s’agit des populations riveraines notamment une cinquantaine de femmes maraichères, qui reçoivent une formation en techniques de compostage et de production agrobiologique avant leur installation sur une parcelle de 3 ha pour le maraîchage.

Suzanne Djossou, la quarantaine est membre du groupement féminin, Nouwagnon dans le village de Zonmon. Suite à une mauvaise expérience vécue de l’utilisation d’engrais chimique, elle a décidé de se retourner vers l’engrais organique, tout comme les membres de son groupement. « J’ai commencé le maraîchage, il y a un peu plus d’an sur une petite parcelle derrière ma concession. J’ai produit des légumes : de la tomate, du piment et des épinards. J’ai mis de l’engrais pour fertiliser le sol. La première récolte était relativement bonne. La campagne qui a suivi, j’ai tout perdu. Les légumes n’ont pas poussé, comme je l’espérais et avant même la récolte, tout a pourri sur les planches. J’ai tout perdu y compris mon fonds de roulement.»

Depuis cette expérience, Suzanne a juré de ne plus utiliser l’engrais chimique. Elle a rejoint le groupement féminin Nouwagnon, qui reçoit l’appui du Projet de Promotion de l’Entrepreneuriat Agricole (PPEA), un conjoint Gouvernement du Bénin – PNUD pour la transformation socio-économique des zones rurales du Bénin.

Zagnanado et plus précisément le village de Zonmon est une zone très vulnérable aux inondations ; ce qui entraîne chaque année d’énormes pertes aux agriculteurs. Les superficies exploitables, où la terre est ferme et permet de mener des activités agricoles sans trop de risques sont limitées. Mais les femmes rencontrent d’énormes difficultés pour avoir accès au foncier. « J’ai la volonté de m’adonner à l’agriculture pour sortir de la pauvreté, mais je ne dispose pas de terre, mon mari non plus. Il y a quelques  années, j’ai dû emprunter une parcelle auprès d’un beau parent pour cultiver du maïs. J’ai eu la chance d’avoir eu un bon rendement. Cela n’a pas été du goût de ce dernier, qui m’a repris sa parcelle ; et depuis lors, je travaille comme tâcheron auprès d’autres agriculteurs», nous raconte Assiba Hwimasson.

Si, l’accès à la terre est l’une des difficultés, auxquelles les femmes de Zonmon font face, leur fertilité en est une autre. Certaines se voient offertes des terres incultes par leurs maris, qui au bout de pénibles efforts ne donnent pas de bons rendements et demeurent dans la précarité.  

Pour le formateur Jean Claude Hounton, Conseiller agricole au niveau du secteur communal pour le développement agricole de Zagnanado, « l’engrais organique a d’énormes avantages et les femmes de Zonmon ont intérêt plus que d’autres à l’utiliser pour le maintien de la fertilité des quelques lopins de terre, dont elles disposent.»

Suzanne, cette mère de cinq enfants a décidé de ne plus utiliser l’engrais chimique pour fertiliser ses planches de légumes. « Je suis très contente de la formation reçue, que je partagerai avec mon mari. Je promets de m’appliquer pour produire de bons légumes que je compte écouler dans les marchés environnants ».

Désormais avec ses camarades, elle peut exploiter les trois (3) ha mis à la disposition de son groupement, appelé Nouwagnon, composé de 35 femmes et du groupement Finagnon, 16 membres. Elles seront dotées en équipements  et matériels agricoles (brouettes, arrosoirs, pelles, bottes, etc.).