Des réflexions sur le dispositif de communication et de diffusion des alertes aux catastrophes hydro climatiques au Bénin

04 juil. 2014

imageLes vents violents font partie des aléas climatiques auxquels le Benin fait face. Credits photo: PNUD Bénin

Dans le but de définir un mode normalisé de communication et de diffusion des alertes précoce au Bénin, l’Agence Nationale de Protection Civile (ANPC) a organisé avec l’appui du Projet Système d’Alerte Précoce (SAP-Bénin), un atelier de validation du protocole de diffusion des alertes et du rapport d’évaluation du système d’alerte aux inondations de 2013.

La cérémonie d’ouverture de cet atelier a été présidée par Isidore Gnonlonfoun,  Ministre en charge de la Décentralisation, assurant l’intérim de son collègue de l’Intérieur, de la Sécurité publique et des Cultes  et a connu la participation des élus locaux venus de toutes les communes, des Préfets des Départements, des membres de la Plate-Forme Nationale de Réduction des Risques de Catastrophes et d’Adaptation aux Changements Climatiques, des représentants des médias publics et privés sans oublier les organisations de la société civile.

Pour César Agbossaga, Directeur de l’ANPC, l’ampleur des catastrophes naturelles notamment des inondations au Bénin n’est plus à démontrer. Il  a indiqué que sur les 77 communes du Bénin,  55 ont été durement touchées par les inondations de 2010, d’où la nécessité d’un renforcement des capacités et des mécanismes de prévention.

Les dernières inondations de Karimama et de Malanville en 2013, bien que n’ayant pas entraîné des pertes en vie humaine, ont eu cependant des conséquences économiques graves sur l’économie locale. Les dégâts et pertes d’exploitation sont estimés à plus de 15 milliards de francs CFA à Malanville et plus de 10 milliards de francs CFA à Karimama.

Se basant sur la gestion des  alertes lors des inondations de 2013, le projet SAP a souhaité tiré les enseignements de cette expérience, afin de mettre en place un dispositif global pour la diffusion de l’alerte face aux différents aléas climatiques  auxquels le Bénin est exposé à savoir les inondations, les sécheresses, les vents forts, l’élévation du niveau de la mer et l’érosion côtière.

Gilbert Poumangué, Représentant Résident Adjoint du PNUD a souligné l’importance, avec laquelle doit être considérée la gestion de l’information et de la communication, en vue de l’anticipation et de l’efficacité de la réponse nationale en temps de crise et catastrophe. Pour ce faire, « Il est nécessaire de veiller à ce que cette communication soit claire, concise et rapide, comme critères à observer dans la gestion d’une situation d’urgence», a-t-il recommandé.

L’évaluation du dispositif de production et de diffusion des alertes aux inondations du fleuve Niger dans les communes de Malanville et Karimama en 2013 a permis de noter une meilleure collaboration des acteurs impliqués dans la gestion des risques et catastrophes. L’existence d’un schéma de communication et l’utilisation de plusieurs canaux de communication ont permis d’assurer la transmission de l’alerte aux destinataires. Il est à noter que les populations de Karimama et Malanville ont reçu les alertes précoces de 2013. Toutefois, elles n’ont pas daigné quitter les zones inondables avant la montée des eaux, ceci pour des considérations sociologiques.

Un schéma de communication a été proposé et s’appuie fortement au niveau des villages et hameaux sur les  élus locaux, les crieurs publics et  les radios locales et communautaires pour la diffusion des messages d’alerte. En outre,  l’accent a été mis sur la sensibilisation accrue des populations pour une réponse adéquate aux messages d’alertes diffusés.      

En guise de rappel, le projet SAP-Bénin vise à renforcer les capacités de surveillance météorologique, climatique et hydrologique, les systèmes d’alerte précoce et d’information climatique pour répondre à des conditions météorologiques extrêmes. Il est appuyé par le Fonds pour l’Environnement Mondial, le PNUD et le Gouvernement du Bénin. D’un montant de 18 511 549 US$, le projet s’étend sur une période de quatre (4) ans et couvre l’ensemble du territoire national.