Rompre le mur du silence face aux violences à l’égard des femmes au Bénin

23 sept. 2015

La mise en place d'une plateforme électronique de dénonciation des cas d violences faites aux femmes forisera une meilleure prise en charge des victimes. Photo: PNUD Bénin

La dénonciation et la répression des violences basées sur le genre  constituent l’un des défis à relever au Bénin. Une étude commanditée en 2009 par le Ministère en charge de la Famille sur les violences faites aux femmes au plan national  a révélé que : sur environ 52% de la population que constituent les femmes,  69% ont déclaré avoir subi des violences au moins une fois dans leur vie. Plus de la moitié des femmes interrogées (51,5%) ont subi au moins une fois dans leur vie des souffrances physiques ou morales, les violences sexuelles (28,5%); le rapt (8,5%) et l’excision (15,0%).

Face à cette situation et pour une protection juridique de la femme, le Gouvernement a promulgué la Loi n° 2011-26 du 09 janvier 2012, portant prévention et répression des violences faites aux femmes. Malgré cette loi, le phénomène perdure et les auteurs de VBG restent impunis pour plusieurs raisons : Les obstacles à la dénonciation sont entre autres la culture de la peur, l’inefficacité dans le suivi des cas, la mauvaise centralisation  des données des cas dénoncés, distance et le coût du déplacement  vers les centres d’écoute parfois éloignés des domiciles.

Il a été envisagé par les agences du Système des Nations Unies notamment le PNUD, la mise en place d’une plateforme électronique de dénonciation des cas, qui permettra non seulement d’assurer l’anonymat des dénonciateurs, mais aussi de garantir leur sécurité. Cette plateforme numérique financée par le Danemark à travers l’UNDP Innovation Facility, a pour objectif de créer un environnement plus favorable à la dénonciation et à la prise en charge des victimes de violences basées sur le genre. L’initiative concerne un mécanisme combinée de plusieurs options de Nouvelles Technologies de l’Informatique et la Communication (SMS, internet, Android et appel) qui servira d’application d’enregistrement des informations, leur traitement et analyse par catégorie de violences. Elle permettra à la communauté à la base de rompre le silence sur les cas de violences quotidiennement enregistrés.

Les Centres de Promotion Sociale (CPS) faisant partie des acteurs clés de prise en charge des victimes, une mission exploratoire conduite par le PNUD, l’UNFPA et le Ministère en charge de la Famille dans le département de l’Alibori du 31 août au 4 septembre 2015, dans les CPS des zones d’intervention a permis de constater quelques insuffisances à combler pour une réussite du dispositif à mettre en place.

L’idée de la plateforme numérique a été acceptée de tous les acteurs rencontrés et parait être la solution  adéquate pour renforcer les services d’écoutes en place. Au niveau institutionnel, on note l’absence de mécanisme de centralisation des données au niveau des communes. Ce sont seulement les cas enregistrés au niveau des CPS qui sont comptabilisés dans les statistiques nationales. Ce qui ne reflète pas la réalité du phénomène dans les localités. Les cas recensés par les autres  acteurs  à savoir la police, la gendarmerie, les ONG et les médias ne sont pas pris en compte dans les statistiques nationales. Par ailleurs, certains agents des CPS et même de sécurité n’ont pas une bonne compréhension des actes qualifiés de VBG. Des centres d’écoute des victimes sont inaccessibles aux populations surtout en  saison pluvieuse.

Vu les complexités sociologiques, certains acteurs judiciaires ne poursuivent pas les actions engagées jusqu’à la répression des auteurs. Il faut noter également l’ingérence de certains hommes politiques, des autorités locales, des leaders d’opinion, qui étouffent le processus de poursuite judiciaire des auteurs de violences, sans oublier la mauvaise perception de la femme, qui dénonce l’acte de violence qu’elle subit  dans la sphère familiale. Dans ces circonstances, à peine 3,89% des victimes bénéficient de services judiciaires.

A cet effet, le PNUD envisage de renforcer courant octobre 2015 les capacités techniques et opérationnelles des officiers de police judiciaires. Cette formation leur permettra de distinguer les actes pouvant être qualifiés de Violences Basées sur le Genre selon la réglementation en vigueur au Bénin. Un Manuel de clarification des différents actes et comportements qualifiés d’actes de violences, selon les textes et lois, a été réalisé par les Magistrats béninois pour servir de guide dans la prise en charge des victimes.

PNUD Dans le monde

Vous êtes à PNUD Bénin 
Aller à PNUD Global

A

Afghanistan Afrique du sud Albanie Algérie Angola Arabie saoudite Argentine Arménie Azerbaïdjan

B

Bahreïn Bangladesh Barbade Bélarus Bélize Bénin Bhoutan Bolivie Bosnie-Herzégovine Botswana Brésil Bureau du Pacifique Burkina Faso Burundi

C

Cambodge Cameroun Cap-Vert Centrafrique (République centrafricaine) Chili Chine Chypre Colombie Comores Congo (République démocratique du) Congo (République du) Corée (République populaire démocratique de) Costa Rica Côte d'Ivoire Croatie Cuba

D

Djibouti

E

Egypte El Salvador Emirats arabes unis Equateur Erythrée Ethiopie

G

Gabon Gambie Géorgie Ghana Guatemala Guinée Guinée-Bissau Guinée équatoriale Guyane

H

Haïti Honduras

I

Ile Maurice et Seychelles Inde Indonésie Irak (République d') Iran

J

Jamaïque Jordanie

K

Kazakhstan Kenya Kirghizistan Kosovo (selon RCSNU 1244) Koweït

L

Laos Lesotho Liban Libéria Libye L’Ex-République yougoslave de Macédoine

M

Madagascar Malaisie Malawi Maldives Mali Maroc Mauritanie Mexique Moldova Mongolie Monténégro Mozambique Myanmar

N

Namibie Népal Nicaragua Niger Nigéria

O

Ouganda

P

Pakistan Panama Papouasie-Nouvelle-Guinée Paraguay Pérou Philippines Programme palestinien

R

République dominicaine Russie (Fédération de) Rwanda

S

Samoa São Tomé-et-Principe Sénégal Serbie Sierra Leone Somalie Soudan Soudan du Sud Sri Lanka Suriname Swaziland Syrie

T

Tadjikistan Tanzanie Tchad Thaïlande Timor-Leste Togo Trinité et Tobago Tunisie Turkménistan Turquie

U

Ukraine Uruguay Uzbekistan

V

Venezuela Viet Nam

Y

Yémen

Z

Zambie Zimbabwe