Benin : vers un développement sobre en carbone et résilient aux changements climatiques

2 mars 2016

Le développement des énergies renouvelables fait partie des options stratégiques retenues pour l'atténuation des changements climatiques au Bénin. Photo : PNUD Bénin /Giacomo Pirozzi

Les projections climatiques sur le Bénin indiquent pour les prochaines années une augmentation des températures de l’ordre de 0,5°C pour le scénario le moins pessimiste, 3°C pour le plus pessimiste à l’horizon 2050, voire + 6°C à l’horizon 2100. Pour contrer cette élévation de la température aux conséquences incalculables sur le développement, le Bénin a élaboré et validé le 23 février 2016 une stratégie de développement sobre en carbone avec l’appui technique et financier de l’Agence Française de Développement (AFD), du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et  l’accompagnement technique d’Expertise France.

Le document de stratégie présente l’état du climat et le scenario climatique au Bénin, analyse les défis et enjeux de l’adaptation et de l’atténuation,  fait un diagnostic de la vulnérabilité des principaux secteurs de développement économique du pays, indique les fondements de la stratégie, le processus, le cadre institutionnel de mise en œuvre et de suivi-évaluation.

Cette stratégie intersectorielle d’un budget prévisionnel de 1,5 millions de dollars US  répond au double besoin du Bénin de faire face aux effets néfastes du changement climatique notamment par l’identification, l’adoption, la diffusion et l’appropriation de mesures d’adaptation au changement climatique d’une part, mais aussi à la volonté de contribuer à la réduction des émissions de gaz à effet de serre, d’autre part.

Selon la FAO, le Benin a perdu environ 20% de son couvert forestier en l’espace de 20 ans, soit environ 1.200.000 ha. Cette situation est due au déboisement illustré par l’utilisation massive du bois pour la cuisson, la pratique de l’agriculture itinérante sur brûlis et l’abattage illégal des arbres, que le manque de moyens de contrôle ne permet d’endiguer ; elle constitue l’une des  causes majeures d’émissions de gaz à effet de serre au Bénin.

Par ailleurs, les phénomènes climatiques tels que les inondations, l’élévation du niveau de la mer rendent vulnérables les infrastructures et les établissements humains. L’océan menace d’engloutir une partie de Cotonou, la Capitale économique du Bénin. D’après une étude publiée en 2007 par l’International Institute for Environment and Economic Development (IIED), l’érosion du littoral pourrait rayer de la carte des quartiers de Cotonou comme Donatin, Tokplégbé, Finagnon, Akpakpa-Dodomey et JAK, si rien n’est fait pour freiner l’avancée des eaux. A cela s’ajoute la disparition des écosystèmes naturels (mangrove) et des plantations (cocotiers). A Cotonou, plus de 400 mètres de terre, par endroits, ont déjà été avalés par la mer, qui a ainsi englouti des maisons, et emporté des infrastructures hôtelières.

La stratégie sobre en carbone et résilient aux changements climatiques permettra de (i) renforcer la résilience des systèmes de production agricoles, pour notamment assurer la sécurité alimentaire en améliorant la productivité et en évitant les pertes de production des principaux sous-secteurs de l’agriculture ; (ii) réduire les émissions de gaz à effet de serre d’origine anthropique et d’améliorer le potentiel de séquestration de carbone, pour la réduction à la source des émissions de gaz à effet de serre, au moins jusqu’à concurrence des engagements pris par le Bénin, dans le cadre des Contributions prévus déterminées au niveau national (CPND)  et  (iii) réduire les risques climatiques, la vulnérabilité des communautés faces aux catastrophes naturelles ainsi qu’aux maladies sensibles au climat. Il est attendu par exemple que les risques liés aux inondations (dommages matériels et corporels, maladies, etc..) soient réduites d’au moins 60% dans les zones urbaines et périurbaines, avec une incidence positive sur le PIB, ainsi qu’une diminution de la prévalence des maladies sensibles au climat.

« Le PNUD estime que l'intensification des actions climatiques pré-2020 est essentielle pour garantir que les pays en développement puissent préserver les gains de développement existants et faire progresser le développement durable », a affirmé Gilbert Poumangué, Représentant Résident Adjoint du PNUD au Bénin. Il a salué l’élaboration du Document de Stratégie de Développement Sobre en Carbone et résilient aux Changements Climatique et le leadership du Ministre en charge des Changements climatiques pour la coordination interinstitutionnelle du processus d’élaboration de la stratégie. « En me référant aux brillants résultats de la COP21, tenue à Paris du 30 novembre au 12 décembre 2015, je dirai que le Bénin à travers le Ministère en charge de la Gestion des Changements Climatiques tient parole », a-t-il ajouté.

La stratégie sera mise en œuvre sous la coordination de la Direction Générale des Changements Climatiques, à travers neuf sous-programmes organisés autour de trois piliers à savoir : l’adaptation, la réduction des risques climatiques et l’atténuation du changement climatique. Elle couvre les domaines vulnérables au changement climatique : l’agriculture et le développement rural ; l’énergie, la foresterie et l’utilisation des terres ; les infrastructures et établissements humains ; la santé et les ressources en eau. Elle s’étend sur la période 2016-2020.

La prochaine étape est l’approbation du document de stratégie par le Conseil des Ministres. Dès lors, il deviendra un document officiel de référence en matière de lutte contre les changements climatiques au Bénin.

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