Améliorer les moyens de subsistance des femmes à Bonou

13 mars 2017

Le Projet Commune du Millénaire de Bonou contribue à l'autonomisation économique des femmes à travers la formation en transfomation agro-alimentaire. Crédit photo: PNUD Bénin / Elsie Assogba

Bonou est l’une des 77 communes du Bénin et des 15 Communes de la Vallée de l’ Ouémé (deuxième vallée la plus riche en  Afrique) qui dispose d’énormes potentialités : une population majoritairement constituée de jeunes (45,73%) et de femmes (51,69%), l’existence de fortes potentialités agricoles dans la vallée de l’Ouémé, la disponibilité de terres cultivables, etc. pour la production vivrière, mais confrontée à des problèmes de développement sous toutes ses formes. 54, 10%  de la population vit en dessous du seuil de pauvreté (avec moins d’un dollar par jour).

Face à la pauvreté, les jeunes gens de la commune migrent vers Cotonou la capitale économique du Bénin pour aller faire des métiers de taxi moto ou vers le Nigeria pour trouver de petits jobs d’ouvriers. Quant aux jeunes filles et dames, elles vont ramasser du sable, destiné aux travaux de construction dans la vingtaine de carrière que compte la commune, contre une rémunération journalière d’environ 1000 Fcfa.

« Pendant les vacances, nous n’avons pas de revenus pour acheter les fournitures scolaires  pour les enfants.  Nous ne gagnons pas aussi beaucoup d’argent de la vente des produits vivriers. En cas de mévente, il n’y a pas non plus de bénéfice. On n’arrive pas à s’en sortir pour faire face aux dépenses du ménage», déclare Karamath Kotchelon, une jeune dame.

Pour  améliorer  les conditions de vie des populations de cette commune et leur bien être dans un processus intégré et participatif, le Projet Commune du Millénaire de Bonou (PCM-Bonou) a été mis en place en janvier 2016. Il est financé essentiellement par le Gouvernement du Japon sur les fonds de contrepartie de dons japonais (KR1) pour un montant de 6.000.000 US $,  le Gouvernement du Bénin pour un montant de 1 000000 US $, avec une contribution de 100 000 US $ de la Mairie de Bonou et du PNUD pour un montant de 500 000 US $ ;  ce qui porte le coût total du projet à 7 600 000 US $.

Le projet couvre les cinq (5) arrondissements que compte la commune de Bonou à savoir Afamè, Atchonsa, Damé-Wogon, Hounviguè et Bonou pour une  population de 44.430 habitants.


Un engagement fort des partenaires du projet

« Nos actions visent à apporter notre contribution pour soutenir les efforts du Bénin et soulager les peines quotidiennes des populations en vue de les aider à sortir de la vulnérabilité dans la mesure du possible », a affirmé l’Ambassadeur du Japon près le Bénin, S.E.M Daini Tsukahara.

M. Siaka Coulibaly, Coordonnateur Résident du SNU et Représentant Résident du PNUD a souligné que « Le PCM-Bonou privilégiera très tôt la dimension économique des interventions sans toutefois renoncer à la dimension sociale nécessaire pour sortir les ménages les plus pauvres de la pauvreté. Ainsi, au-delà des filets sociaux, le projet accordera plus de place à la promotion d’activités économiquement viables et à l’accès à des opportunités économiques qui conduiront les ménages locaux à une meilleure prise en charge d’eux-mêmes».

L’autonomisation des femmes

Les pertes post récoltes sont courantes dans la commune de Bonou. Elles sont estimées de 25% à 45% selon les produits.  En période d’abondance, le marché est saturé et les producteurs sont obligés de brader leurs tomates. Dans le cas contraire, ils font face à des avaries. Pour soulager la peine des femmes constituées en groupements, des équipements sont mis à leur disposition.

21 femmes ont été formées en technique de transformation et de conservation de tomates, 21 autres aux techniques modernes de maraîchage et  12 femmes sur les techniques de production apicole et sur la transformation des dérivés du miel. Par ailleurs, 10  filles mères de conditions sociales difficiles ont été formées à l’entrepreneuriat.

“Je suis très contente de cette formation sur la transformation de la tomate en purée. Elle nous est très utile. Désormais, on saura mieux conserver nos tomates et les vendre à des prix compétitifs en période de soudure”, confie Karamath Kotchelon.

Pour favoriser l’autonomisation des femmes, une plateforme multifonctionnelle (PTFM) vient d’être installée et pourra faciliter la transformation agroalimentaire, la fourniture d’énergie  pour les besoins quotidiens (éclairage publique, charge des batteries, etc.). La plateforme sera mise en service au début de l’année 2017.

Une participation active des élus locaux et de la population

Michel Assogba, Chef de village d’Adido a, au nom de la Coopérative des producteurs de palmier à huile, mis à la disposition des femmes une superficie de près de 2 ha pour les activités de contre saison, le maraîchage. «Adido est un village enclavé. Quand nous produisons, nous n’avons pas de marchés d’écoulement de nos produits. Nous sommes contents de l’implantation de ce projet dans notre village. Pour contribuer à soulager la souffrance des femmes, nous avons offert gracieusement ce terrain pour leurs activités de contre saison».