Hilarion Tossou, un Volontaire ONU engagé pour la préservation des forêts galeries

13 mars 2017

Hilarion TOSSOU, Volontaire ONU. Crédit photo : PNUD Bénin

Sociologue de formation,  Hilarion TOSSOU est Volontaire des Nations Unies depuis 2013. Il est affecté à Zagnanado dans le cadre du Projet d’Appui à la Préservation et au Développement des Forêts Galeries et production de Cartographie de base numérique (PAPDFGC), un projet appuyé par le Gouvernement du Bénin, l’Union européenne (pour un montant de 8 millions d’euros dans le cadre de l’Alliance Mondiale Contre le Changement Climatique (AMCC)) et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). Ce projet envisage entre autres de reboiser les berges de la basse de vallée de l’Ouémé pour éviter l’encombrement du fleuve et limiter les inondations.

Après ses études universitaires, Hilarion a travaillé dans différentes structures, où il a participé à plusieurs enquêtes sociodémographiques, d’évaluation du profil de la pauvreté et autres.

« Ma motivation de devenir un jour volontaire vient de mon enfance, où j’avais milité dans beaucoup de mouvements d’actions caritatives tels que le Mouvement d’Apostolat des Enfants du Bénin (MADEB). Mon militantisme dans ces mouvements de jeunesse m’a appris beaucoup de valeurs sociales et humaines. Cela a cultivé en moi l’esprit de sacrifice, le don de soi, l’amour du prochain, le service des autres. Une fois devenu adulte, je me suis dit, pourquoi ne pas accepter un travail de volontaire pour être au service des communautés » ?  A la suite d’un test en 2013, Hilarion a été recruté comme une douzaine d’autres jeunes par le PNUD pour servir comme Volontaire ONU national. Et depuis lors, il a développé une réelle passion pour les questions environnementales et surtout les questions de changement de comportements des populations pour la préservation des ressources naturelles.

Au niveau du Projet d’Appui à la Préservation et au Développement des Forêts Galeries et production de Cartographie de base numérique (PAPDFGC), Hilarion accompagne dans quatorze (14) villages les communautés à mener des activités de protection des forêts galeries au niveau du fleuve Ouémé dans la commune de Zagnanado. Sur la base d’une planification annuelle, il appuie des actions de sensibilisations des populations riveraines et de reboisement intensif des berges sur une bande de 25 mètres selon la législation forestière. Il informe également périodiquement les populations riveraines du fleuve Ouémé sur les mesures de gestion avant, pendant et après les inondations, réalise des prises de points via GPS des infrastructures relevant de la commune pour la réalisation de la cartographie numérique inscrite dans le projet. Il participe enfin à la lutte contre la transhumance pour la préservation des acquis du projet notamment en matière de reboisement.

Le mois de décembre coïncide avec la période de transhumance, dont la gestion est préoccupante dans la commune de Zagnanado. Le passage du bétail en quête de points d’eau et de pâturage entraîne parfois des conflits sanglants entre les acteurs, suite à la dévastation des récoltes et au piétinement ou ravage des plants mis en terre par les troupeaux de bétail, etc.

Quelques jours avant l’arrivée des transhumants dans la commune, Hilarion sensibilise les populations. Des affiches avec des pictogrammes placardées au mur, Hilarion décrit le processus de gestion de la transhumance ainsi que le rôle de chaque acteur. A la fin de la séance, il rassure des dispositions prises par la Mairie pour veiller au respect des couloirs de passage définis pour les transhumants et surtout des espaces reboisés. Tout le monde repart satisfait des messages partagés et des actions à prendre à chaque niveau.

L’implication des parties prenantes dans la mise en œuvre du projet est source de satisfaction et de motivation pour Hilarion, dans sa mission de volontariat. «J’ai été très impressionné par l’enthousiasme et la participation très active des populations dans certains villages aux activités du projet». La reconstruction en cours de la forêt galerie du village d’Ahlan, dans l’arrondissement de Kpédékpo, où la population a réalisé une plantation d’environ 5 ha pour protéger la berge en est un exemple. « Les plants mis en terre sont bien entretenus et poussent très bien », ajoute-t-il.

Hilarion a de très bonnes relations de travail  avec les communautés à la base et les autres parties prenantes du projet à savoir les cadres techniques de la Mairie. Il confie : « Les communautés à la base constituent désormais ma famille d’adoption ».

Si Hilarion a pu s’intégrer facilement dans la commune de Zagnanado, c’est selon ses dires, grâce à sa façon d’aborder les communautés à la base, de travailler avec elles  et de prendre à bras le corps les problèmes qu’elles lui soumettent.