Renforcement des capacités des communes lacustres du Bénin pour mieux faire face aux inondations

21 juil. 2017

L'une des barques motorisées remises aux communes lacustres de Sô-ava, Aguégués et Dangbo. Crédit photo: PNUD Bénin

Vents violents, sécheresses prolongées, inondations : ce sont là les risques climatiques majeurs auxquels le Bénin est exposé en matière de changement climatique. Chaque année, plusieurs communes du pays subissent les inondations, mais la situation est particulière dans les communes lacustres de la Basse Vallée de l’Ouémé comme Aguégués, Sô-ava et Dangbo, où les populations vivent également des problèmes d’enclavement.

Pour faciliter la mobilité des populations en période d’inondation, le Projet d’Appui à la Préservation et au Développement des Forêts Galeries et Production de Cartographie de base numérique (PAPDFGC) mis en place en novembre 2013, avec l’appui du Gouvernement du Bénin, de l’Union européenne (UE) et du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a doté chacune des communes de Sô-ava, Aguégués et Dangbo le 18 juillet 2017 de barques motorisées.

« Ici à So-ava, les fondations des cases construites sur pilotis ne sont pas bien élevées, si bien qu’en période de crue, ces dernières sont vite inondées. Les populations sinistrées sont obligées d’aller chercher refuge dans d’autres localités sur terre ferme », explique M. Bienvenu Houssou, 2ème Adjoint au Maire de Sô-ava. Il poursuit : « Sans les barques, qui constituent les seuls moyens de déplacement ici, on ne peut pas aller dans les arrondissements pour apporter l’assistance nécessaire aux populations ».

Les barques remises aux autorités communales les aideront à mieux gérer les inondations. Elles serviront par exemple à organiser efficacement les déplacements des populations sinistrées, des enfants qui devront aller à l’école durant les crues, ou pour aller dans les centres de santé.

« Ces trois barques motorisées d’une valeur d’environ 13 millions de FCFA permettront aux populations des communes bénéficiaires de circuler en toute sécurité pour vaquer à leurs occupations et activités économiques, afin de subvenir à leurs besoins quotidiens et éventuellement pour évacuer les sinistrés en cas d’inondation critique », a indiqué Mme Jeanne Akoha, Directrice de Cabinet du Ministre du Cadre de vie et du Développement Durable.

Le projet s’attaque non seulement aux effets mais aussi aux causes des inondations notamment la destruction des forêts riveraines galeries et de l’environnement par les populations installées dans la vallée et les bassins versants le long du fleuve et des rivières affluents pour des raisons aussi bien historiques qu’économiques.

Le Directeur National du projet, M. Sévérin N’Sia a évoqué d’autres actions menées par le projet à savoir la sensibilisation des populations sur les mesures à prendre en temps d’inondation, le renforcement des capacités des cadres et agents des mairies pour l’intégration de l’environnement et des changements climatiques dans les outils de planification communale, la formation des communautés sur les bonnes pratiques sanitaires, en temps d’inondation, la restauration de la végétation des berges dégradées à travers le reboisement de 100,68 hectares de berges et la réduction de l’utilisation du bois dans les villages riverains du fleuve à travers la promotion des fours à cuisson rapide communément appelés « foyers améliorés ».

Ces actions ont été développées dans les treize communes d’intervention du projet et visent à restaurer et préserver la biodiversité, et réduire les pertes en vies humaines, les dégâts matériels, dus aux inondations enregistrés chaque année.

Pour le 2ème Adjoint au Maire de la Commune de Sô-ava, les actions de sensibilisation du projet ainsi que les appuis d’autres partenaires ont porté leurs fruits. En 2016, il a été enregistré moins de destructions des cultures, zéro cas de décès et de noyade.

Le Projet d’Appui à la Préservation et au Développement des Forêts Galeries et Production de Cartographie de base numérique (PAPDFGC) est d'un budget total de 8.300.000 euros. Il a été lancé le 07 novembre 2013, avec l’appui de l’Union européenne dans le cadre de l'Alliance Mondiale Contre le Changement Climatique (AMCC), pour un montant de 8 millions d’euros (5,2 milliards FCFA) et du PNUD à hauteur de 300 000 euros (environ 200 millions FCFA). Il bénéficie également du soutien du Gouvernement du Bénin et des communes.