Rencontre d’échange pour une meilleure représentation des femmes dans les instances de décisions

08 janv. 2013

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Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a organisé ce jour au Novotel Hôtel de Cotonou une rencontre d’échanges avec les femmes leaders en vue de l’amélioration de la représentation des femmes dans les instances de prise de décision publique et politique. Cette rencontre vise à réfléchir sur les mesures concrètes à prendre pour promouvoir une représentation accrue des femmes non seulement aux postes électifs, mais aussi aux postes nominatifs et administratifs.

En prélude aux élections municipales et communales qui se tiendront probablement courant 1er semestre 2013, l’occasion est plus que jamais propice pour sensibiliser les femmes et renforcer leurs capacités, afin qu’elles se positionnent sur les listes des partis politiques.

Au Bénin les femmes représentent plus de 52% de la population, mais leur participation aux instances et processus de prise de décision demeure faible. Sur les 1435 conseillers élus en 2008, seulement 65 sont des femmes. On note une seule femme élue maire dans les 77 communes, seulement 7 femmes députés sur les 83 que compte l’Assemblée Nationale et 7 femmes ministres sur les 26 ministres que compte le Gouvernement.

Pour Madame Koubourath Osséni, Grande Chancelière de l’Ordre National du Bénin, on ne peut pas négliger plus de la moitié de la population et dire qu’on veut se développer. « Cela fait environ 20 ans que nous menons cette lutte, mais les résultats ne sont pas probants. » s’indigne-t-elle.

Abondant dans le même sens, Madame Nardos Bekele-Thomas, Coordonnateur Résident du Système des Nations Unies et Représentant Résident du PNUD a attiré l’attention sur le fait que le Bénin est encore loin de la cible de 30% de représentativité des femmes à atteindre d’ici à 2015 en ce qui concerne l’Objectif N°3 du Millénaire pour le développement. « Il y a lieu de redéfinir la stratégie basée sur vos potentialités », propose-t-elle. Elle a exhorté les femmes à travailler ensemble pour plus de visibilité et pour influencer les décisions politiques en vue d’accroître de façon durable leur représentation dans les sphères publiques et politiques.

La séance a connu la participation d’une cinquantaine de femmes leaders : anciens ministres, députés, élus locaux, membres de la société civile, des juristes de haut niveau, des universitaires, etc.

Des échanges, il ressort l’existence de plusieurs études sur la situation de la femme béninoise, qui malheureusement ne sont pas suffisamment vulgarisées. Si le niveau d’instruction de la majorité des femmes constitue un frein à leur participation politique, leurs compétences au plan technique une fois portées aux postes électifs ou nominatifs nécessitent également un renforcement. A cet effet, il a été suggéré la constitution d’une masse critique de femmes intellectuelles pour soutenir techniquement les femmes politiques.

Des actions à court, moyen et long terme ont été identifiées notamment l’amélioration du contenu du projet de loi sur la parité, la revue du fonctionnement de l’Institut de la Femme, pour qu’il joue le rôle d’incubateur des femmes leaders pour ne citer que ces actions.

Enfin, un comité restreint de coordination et de suivi des actions a été mis en place. Ce comité se chargera entre autres de mener des actions de plaidoyer et de lobbying à l’endroit de l’Assemblée Nationale, du Président de la République, des partis politiques, les leaders religieux et chefs traditionnels.