Pour une meilleure gestion des aires protégées

28 mars 2013

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Les experts du comité technique de suivi du Programme d’Appui aux Parcs de l’Entente (PAPE) et du projet W-Arly-Pendjari et les ministres en charge de la protection de la nature du Burkina Faso, du Niger, du Togo et du Bénin se sont réunis en session annuelle du 27 au 28 mars 2013 à Cotonou au Bénin.

Outre l’examen et l’appréciation des rapports techniques et financiers de l’exercice écoulé, les participants se sont prononcés sur la synergie d’actions entre les acteurs intervenant dans les aires protégées.

La variabilité climatique et la fragilité de l’environnement et des ressources naturelles conjuguées à l’augmentation de la population et des ses besoins induisent une pression continue sur les terres, la végétation, la faune et les eaux. « Chaque année, entre 17 000 et 100 000 espèces disparaissent de notre planète et un cinquième de toutes les espèces vivantes pourrait disparaître d’ici l’an 2013 », a fait observer Madame Nardos Békélé-Thomas, Coordonnateur Résident du Système des Nations Unies et Représentant Résident du PNUD au Bénin.

« Nous devons nous réjouir de l’existence dans la sous région, de ce complexe WAPO, qui abrite la qualité-totalité des espèces de grands mammifères de carnivores, d’oiseaux, etc. de la savane soudanaise d’Afrique de l’Ouest et qui mérite d’être géré selon une démarche et des approches harmonisées au niveau régional. », a –t-elle poursuivi.

Procédant à l’ouverture de l’atelier, Monsieur Blaise Ahanhanzo Glèlè, a souligné que le complexe WAPO (W-Aly-Pendjari-Oti-Keran-Mandouri) demeure à l’échelle de l’Afrique de l’Ouest le principal espace d’écosystèmes soudaniens encore en bon état de conservation.  Il a invité les participants à apporter chacun en ce qui le concerne, sa contribution à la préservation d’un patrimoine écologique sain, viable et prospère au profit des générations futures.

Pendant trois jours, les échanges au cours de la rencontre se sont focalisés également sur la consolidation des aspects liés à la régionalité, le processus d’’inscription du complexe au patrimoine mondial ; la mise en place du conseil scientifique opérationnel, l’élaboration d’une législation harmonisée, d’une stratégie de promotion touristique des potentialités du complexe; l’élaboration des stratégies de conservation des espèces d’intérêts pour le complexe.

Certaines questions d’intérêts majeurs pour la gestion durable du complexe ont été soulevées. Il s’agit par exemple de la gravité de la situation du phénomène de braconnage et plus particulièrement le braconnage des éléphants.

Les partenaires techniques et financiers (PTF) impliqués dans la mise en œuvre des programmes WAP et PAPE notamment l’Union Européenne, le PNUD, l’UEMOA, ont exprimé  leur inquiétude par rapport à l'augmentation uniquement sensible de la faune dans le Parc du W par rapport à 2003 (date du début d'ECOPAS), et surtout concernant l'augmentation très importante de la présence de bovins dans le Parc W (10.000 en 2003 / 52.500 en 2012).

Plusieurs recommandations ont été formulées aussi bien à l’endroit des Etats, de l’UEMOA que des PTF.  Outre les aspects de lutte anti-braconnage, les PTF recommandent une prise en compte de la transhumance dans une approche au niveau du complexe, et demandent aux Etats de prendre des mesures importantes et sérieuses, pour lutter contre les incursions massives d'animaux domestiques dans le Parc du W en particulier, afin que celui ci puisse garder son intégrité, et que les efforts de lutte anti-braconnage ne soient pas vains.

Il a été recommandé également de prendre en compte du SAFARI International du Gulmu par les Etas membres du PAPE comme une manifestation internationale de promotion des aires protégées du complexe et l’implication de l‘UEMOA pour son opérationnalisation au plan régional ; de mettre en œuvre un plan d’action d’urgence de lutte contre le braconnage en général et en particulier le braconnage des éléphants dans le complexe WAPO.