Les chercheurs du monde francophone échangent leurs expériences sur le climat, l’agriculture et les ressources en eau

03 sept. 2013

imageM. Raphael Edou, Ministre en charge des changements climatiques à l’ouverture du colloque

« Climat, agriculture, ressources en eau d’hier à demain », c’est le thème qui réunit à Cotonou du 3 au 7 septembre 2013 chercheurs, climatologues et météorologues, venus d’une vingtaine de pays francophones, dans le cadre du 26 ème colloque international sur la climatologie.

Organisé par le Laboratoire Pierre PAGNEY : Climat, Eau, Ecosystèmes et Développement de l’Université d’Abomey Calavi (Bénin) avec l’appui de plusieurs partenaires techniques et financiers dont le PNUD, le colloque a pour objectifs de développer les échanges entre les climatologues, d’enrichir les connaissances théoriques et techniques dans le domaine de l’agro-climatologie, de l’hydro climatologie des espaces en général et de ceux du Bénin en particulier et de proposer des mesures concrètes aux populations pour faire face aux effets des changements climatiques.

« L’Afrique paie un lourd tribut à la sécheresse, aux inondations ; d’où l’intérêt et la prise en compte de l’information climatique dans les stratégies d’adaptation aux changements climatiques et programmes de développement », a précisé la Présidente de l’Association Internationale de Climatologie.

Pour le Professeur Brice Sinsin, Recteur de l’Université d’Abomey Calavi, « ce que les gouvernants attendent de nous scientifiques, c’est de relever le niveau de résilience des populations », a-t-il souligné.  Pour y parvenir, il propose une synergie d’actions des différents acteurs.

« Au Bénin, la production agricole subit les affres de la sécheresse et si rien n’est fait, le taux de croissance économique risque de chuter considérablement », a affirmé M. Raphaël Edou, Ministre chargé de la gestion des changements climatiques,  du reboisement et de la protection des ressources  naturelles et forestières.

Un cas pratique des menaces climatiques sur la production cotonnière au Bénin a été présenté par les climatologues Placide Cledjo et Euloge Oguwale. De leur communication, il ressort que le coton est la principale culture d’exportation au Bénin, il contribue à 45% des rentrées fiscales, à 80% des recettes d’exportations et constitue une source d’emploi et de revenus pour plus de 50% d’agriculteurs. La production de 50 000 tonnes de coton contribue à un 1% du taux de croissance. On assiste malheureusement ces dernières années, à une réduction du rendement de 20 à 30%, un rendement qui est descendu à moins d’une tonne à l’hectare. Cet état de choses est dû à plusieurs facteurs notamment la baise de la fertilité des terres, l’augmentation de la fréquence des extrêmes climatiques (sécheresse, pluies tardives, vents violents), la métamorphose des régimes pluviométriques. Quelques recommandations ont été faites sur comment réduire la vulnérabilité du coton par rapport  au changement climatique comme la mobilisation des ressources en eau pour l’irrigation, l’exploitation des informations météorologiques, la revue des modèles d’encadrement des paysans, etc.

M. Gilbert Poumangué, Représentant Résident Adjoint du PNUD a souhaité que les principaux résultats, auxquels les participants au colloque parviendront,  comme le recommande la conférence des Parties de la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques, aident d’une part à réduire la vulnérabilité en renforçant la capacité d’adaptation et de résilience ; et d’autre part  à intégrer de façon cohérente l’adaptation dans les politiques, stratégies de planification du développement, programmes et projets à tous les différents niveaux.  

Abondant dans le même sens, le Ministre en charge des changements climatiques nourrit l’espoir de voir l’utilisation directe des résultats et recommandations qui seront issus de ce colloque par les populations, qui vivent les effets des changements climatiques et ont besoin d’éléments pratiques pour jouir des fruits de leurs efforts.