Au Bénin, rôle clé de l’innovation et de la jeunesse dans le développement

31 juil. 2014

imageCentre de promotion des affaires, appuyé par le PNUD (Photo: PNUD

Clôturant une visite d’une semaine au Bénin, le Directeur du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) en Afrique, Abdoulaye Mar Dieye, a appelé les pays d’Afrique à faire en sorte que l’innovation devienne la « monnaie d’échange » de leur émergence.

« Sans innovation sur le plan des politiques et des institutions, sans investissement dans la science et la technologie et sans effort visant à élargir l'accès aux marchés en faveur des Pays les moins avancés (PMA), sans une transformation structurelle, rompre le cycle vicieux engendré par la faiblesse de revenu relèverait de la pure chimère », a-t-il précisé.

Intervenant lors d’une conférence sur les PMA, présidée par le Président béninois Yayi Boni, M. Dieye a apprécié la volonté politique des pays à s’engager dans la voie de la graduation. L'augmentation des capacités de production des PMA, thème principal de la rencontre, est considérée comme un défi majeur, ainsi qu’une opportunité de réduire la pauvreté et accélérer le développement durable et inclusif du continent.

Par exemple, la part du secteur manufacturier dans les économies des PMA est inférieur à 10 pour cent, comparativement à 21 pour cent dans tous les pays en développement. En 2012, les exportations combinées de tous les 48 PMA représentaient un peu plus de un pour cent des exportations mondiales.

Mr. Dieye a rappelé qu’en 40 ans, seulement quatre pays sont sortis du groupe des PMA : le Cap Vert, les Maldives, le Botswana et Samoa. Quant aux les facteurs déclencheurs de la graduation, il a évoqué un agenda en cinq points : élargissement de l’espace fiscal, patriotisme économique, transformation structurelle, stabilité, cohérence et cohésion des institutions, et innovation.

En marge de la rencontre, Mr. Dieye a animé une session visant à partager les expériences sur le potentiel de transformation du secteur agricole et à offrir des cadres de partenariat aux PMA en vue d’accroître leurs potentialités économiques.

Ont participé à cette session les ministres et des experts agricoles venus de la Nouvelle-Zélande et de sept pays africains. On note aussi la présence des partenaires du secteur privé, notamment l'entreprise Karetic Bénin.

Lors de sa visite à Cotonou, Mr. Dieye a également fait le point du partenariat entre le Bénin et le PNUD.

Accompagné de la Représentante résidente du PNUD au Bénin, Odile Sorgho-Moulinier, Mr. Dieye a discuté avec le Président béninois, Yayi Boni, du suivi de la table ronde de Paris, organisée en juin et lors de laquelle le Bénin avait mobilisé 12 milliards de dollars pour relancer son économie.

Le Gouvernement béninois compte aujourd’hui investir dans des secteurs prioritaires comme le transport, l’énergie, l’agriculture et le tourisme. Le chômage touche aujourd’hui près de 60 pourcent de la jeunesse béninoise, tandis qu’environ 35 pourcent de la population y vit encore dans la pauvreté.

Dans le cadre de sa visite officielle, Mr. Dieye s’est également entretenu avec des ministres, membres du gouvernment, présidents des institutions de la république, la communauté des partenaires techniques et financiers et les Nations Unies, dont le personnel du PNUD au Bénin.

Mr. Dieye a par ailleurs reçu la distinction de Grand Officier de l’Ordre national du Bénin, décernée par le Président de la république béninoise en reconnaissance du travail effectué par le PNUD dans le pays.

Mr. Dieye est par la suite allé visiter l’un des quatre centres de promotion des affaires soutenus par le PNUD, situé dans la banlieue de Cotonou. Les centres visent à promouvoir l’entrepreneuriat, les micro-entreprises et la création d’emploi parmi les jeunes et les femmes. Ils ont déjà formé mille jeunes.

Après avoir salué le partenariat entre le monde académique et le monde des affaires dans la mise en œuvre de ce projet, il s’est adressé aux jeunes bénéficiaires du centre, en ces termes : « Vous avez entre vos mains les outils de transformation, la clé du développement. Il faudra monter en puissance dans la chaîne des valeurs et ne pas s’arrêter au marché local».