L’échec du développement rural dans les pays les moins avancés induit les migrations dues à la pauvreté

25 nov. 2015

Dans un nouveau rapport la CNUCED présente une feuille de route pour transformer l’économie des zones rurales et éliminer la pauvreté

Le Rapport 2015 de la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED) sur les pays les moins avancés intitulé « Transformer l’économie rurale », a été lancé ce jour à Cotonou. Il présente une feuille de route pour accélérer la transformation des zones rurales et lutter contre la pauvreté rurale, qui est l'une des principales causes des migrations en provenance des pays les moins avancés (PMA) et au sein de ces derniers. 

Le contenu du rapport présenté par M. Janvier Alofa, Economiste national du PNUD au Bénin révèle que plus des deux tiers de la population des PMA vivent dans des zones rurales, où la pauvreté est deux fois plus répandue que dans les villes.

Selon la CNUCED, pour atteindre l’objectif d’élimination de la pauvreté, il faudra que le « plancher mondial de consommation » (c’est-à-dire le revenu estimé de chaque membre des ménages les plus pauvres au monde), qui stagne depuis 20 à 30 ans, soit multiplié par deux en seulement 15 ans. Des améliorations encore plus importantes sont nécessaires dans les zones rurales si l’on veut lever les obstacles à la réalisation des autres ODD, tels que l’accès universel à l’eau, à l’assainissement, à l’électricité et à l’éducation.

« Dans nombre des pays les moins avancés, les migrations sont imputables à la pauvreté rurale, ce qui témoigne du manque d’opportunités économiques qui permettraient de disposer d’un minimum de revenu », estime le Secrétaire général de la CNUCED, Mukhisa Kituyi. Et d’ajouter : « Il ne peut y avoir de solution durable à la crise migratoire et la pauvreté ne peut être éradiquée sans une stratégie de transformation de l’économie rurale axée sur la lutte contre la pauvreté dans ces pays».

Dans les zones rurales des PMA, il faudra opérer un « saut quantique » en matière d'investissements dans les infrastructures : par rapport à 2011-12, il faudrait chaque année multiplier par plus de deux le taux d’accès à l’eau, par quatre le taux d’accès à l’électricité et par six le taux d’accès à l’assainissement.

Quarante-huit pays actuellement sont considérés comme des PMA par les Nations Unies  dont le Bénin. Comme dans la plupart des PMA, la pauvreté au Bénin est plus élevée (42%) dans les zones rurales, que dans les zones urbaines (32%). Aussi, le déficit en infrastructures de base (eau, centre de santé, électricité,…) est un défi de taille dans les zones rurales. En outre, la population économiquement active dans l’agriculture est en légère hausse, de même que la productivité du travail agricole. La valeur ajoutée réelle par travailleur agricole est passée de 777$ en 1991 à 1055$ en 2013. Ceci est une bonne nouvelle pour amorcer la transformation structurelle  de l’économie rurale.

Les analyses du rapport 2015 montrent que la  transformation structurelle n’est pas encore une réalité au Bénin. La contribution de la valeur ajoutée des secteurs au PIB n’a pas significativement évolué ces dix dernières années.  Les services souvent informels représentent près de la moitié du PIB suivie de l’agriculture et des activités connexes. Bien qu’en nette progression, la contribution des activités à fortes productivité reste insuffisante.

Le rapport indique que l'augmentation des investissements d’infrastructure, qui recourent à des techniques de construction employant une main-d’œuvre abondante et à des achats de matériaux locaux, permet de stimuler la demande locale de produits alimentaires et d’autres biens de consommation. En aidant les producteurs locaux à répondre à cette augmentation de la demande, les pouvoirs publics peuvent créer un cercle vertueux, sous la forme d’une hausse des revenus, de la demande et de la productivité. Il est donc essentiel d’accroître la production agricole à petite échelle tout en développant des activités non agricoles plus productives, et en maximisant les synergies entre ces deux composantes.

Dans un grand nombre de PMA, l’exode rural motivé par la pauvreté s’accompagne d’une urbanisation effrénée. De plus, à l’échelle planétaire, beaucoup de migrants viennent de zones rurales, soit directement soit après avoir migré vers les villes dans leur pays. Les recommandations du Rapport visent à freiner ce processus en prônant un recentrage sur le développement rural via des politiques publiques qui donnent la priorité à la lutte contre la pauvreté et s’attachent à « créer les conditions d’un exode rural motivé davantage par un choix que par une nécessité. »

La pauvreté ne pourra être éliminée qu’en offrant à tous des opportunités d’emploi et des opportunités économiques, ce qui porterait la productivité à un niveau suffisant pour générer un niveau de revenu supérieur au seuil de pauvreté. Ce qui implique d'opérer une  « transformation structurelle axée sur la lutte contre la pauvreté ». Or, au vu des politiques publiques actuelles, ce processus commence à peine dans la plupart des PMA. Il importe de bien séquencer les investissements d’infrastructure et les interventions, afin que les producteurs puissent s’adapter à l’évolution des conditions de marché.

Le financement de l’augmentation des investissements d’infrastructure est un facteur crucial. Le rapport exhorte les donateurs à honorer leurs engagements sur la qualité et le volume de l’aide. En outre, il propose de porter l’aide aux PMA à un niveau reflétant les besoins de ces pays pour la réalisation des ODD, à savoir à 0,35 % du revenu national brut des donateurs. Si les donateurs acceptent d’accroître cette aide tout en relevant le total de l’aide publique au développement (APD) à 0,7 % (l’objectif fixé), l’aide aux PMA se chiffrerait à environ 250 milliards de dollars en 2030, contre 40 milliards de dollars actuellement, et l’aide aux autres pays en développement s’étofferait de 150 %.

Contact information

Janvier P. Alofa, Economiste national du PNUD au Bénin. Email: janvier.alofa@undp.org

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