Lancement au Benin du rapport sur le développement humain en Afrique 2016

17 nov. 2016

Mme Marie-Odile Attanasso, Ministre de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, Représentant le Ministre d'Etat chargé du Plan et du Developpement recevant des mains de M. Siaka Coulibaly, Coordonnateur Résident du SNU et Représentant Résident du PNUD le Rapport sur le développement humain en Afrique 2016. Crédit photo: PNUD Bénin

Les disparités entre les genres coûtent quelque 95 milliards de dollars US par an en moyenne (sur la période 2010-2014) à l’Afrique subsaharienne et ont atteint 105 milliards de dollars de pertes en 2014 (soit 6 % du PIB régional), compromettant de ce fait les efforts du continent en faveur d’un développement humain et d’une croissance économique inclusifs. C’est ce qui ressort du Rapport sur le développement humain en Afrique 2016  sur le thème : Accélérer les progrès en faveur de l’égalité des genres et de l’autonomisation des femmes en Afrique, lancé ce jour par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) au Bénin.

Le rapport du PNUD analyse les facteurs politiques, économiques et sociaux qui entravent la promotion de la femme en Afrique et propose des politiques et des mesures concrètes pour combler l’écart entre les genres. Il s’agit notamment de corriger la contradiction entre la législation et la pratique afin de passer d’une égalité des genres juridique à une égalité de fait, de rompre avec les normes sociales préjudiciables aux femmes et de transformer les cadres institutionnels discriminatoires, en vue de garantir la participation économique, sociale et politique des femmes.

La cérémonie de lancement au Bénin a réuni un grand nombre de participants notamment la Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, représentant le Ministre d’Etat, chargé du Plan et du Développement, la Ministre de la Famille, le Ministre de l’Agriculture, le Ministre de l’Enseignement Maternel et Primaire, le Ministre de l’Energie et des Mines, des autorités locales et communales, la société civile, le secteur privé, des membres du Corps diplomatique et agences du Système des Nations Unies.

 Le contenu du rapport a été présenté par Janvier Polycarpe Alofa, Economiste national au PNUD Bénin.

Des inégalités persistantes entre les genres

Il ressort du rapport que des obstacles structurels profondément enracinés tels que la répartition inégale des ressources, du pouvoir et des richesses, associés à des institutions et des normes sociales qui perpétuent les inégalités, freinent les Africaines, et le reste du continent avec elles. D’après le rapport, une augmentation de 1 % de l’indice d’inégalité de genre contribuerait à réduire l’indice de développement humain (IDH) d’un pays de 0,75 %.

Si le continent comble rapidement l’écart entre les genres en matière de scolarisation dans l’enseignement primaire, les Africaines affichent un niveau de développement humain équivalant à 87 % seulement de celui des Africains, qui s’explique par trois raisons principales : un taux de scolarisation moins important dans l’enseignement secondaire, une moindre insertion dans la population active et un niveau de mortalité maternelle élevé.

Même si 61 % des Africaines travaillent, note le rapport, elles n’en sont pas moins victimes d’exclusion économique, car le travail qu’elles effectuent est sous-payé, sous-rémunéré, et dépend le plus souvent du secteur informel.

Les femmes en Afrique occupent 66 % des emplois dans le secteur informel non agricole et ne gagnent que 70 cents pour chaque dollar gagné par un homme. Seulement 7 à 30 % des entreprises privées sont dirigées par une femme.

Les entreprises africaines dirigées par des femmes sont tout aussi productives que celles dirigées par des hommes. Pourtant, elles restent minoritaires, avec un pourcentage oscillant encore entre 7 % et 30 %.

Les normes sociales sont un obstacle évident aux progrès des Africaines, limitant le temps qu’elles peuvent consacrer à leur éducation et à un travail rémunéré, et les empêchant d’accéder à des ressources économiques et financières. Par exemple, dans 71 % des cas, ce sont les femmes qui vont chercher de l’eau, une tâche à laquelle elles consacrent, collectivement, 40 milliards d’heures par an. Et elles sont moins nombreuses que leurs concitoyens hommes à détenir un compte bancaire ou à accéder au crédit.

Axes de réalisation de l’égalité des genres et de l’autonomisation des femmes

La résorption des inégalités entre les genres exige une approche impliquant l’ensemble des pouvoirs publics et de la société, en tenant compte des liens établis entre le bien-être social des femmes et les opportunités économiques qui s’offrent à elles pour mener une vie plus productive.

Le rapport propose quatre axes stratégiques pour renforcer l’égalité des genres et l’autonomisation des femmes : l’adoption de réformes juridiques ; le renforcement des capacités nationales en vue d’accélérer l’implication des femmes dans la prise de décisions ; l’adoption d’approches multisectorielles destinées à promouvoir l’égalité des genres et l’autonomisation des femmes ; et l’accélération de l’accès des femmes aux droits de propriété et de gestion des ressources.

La réalisation de l’égalité des genres et de l’autonomisation des femmes est impossible sans alliances entre les acteurs du développement : pouvoirs publics, société civile, secteur privé et autres partenaires de développement.

Quelques indicateurs sur le Bénin

Globalement, le niveau de développement humain au Bénin s’améliore constamment. Comparativement aux autres pays, l’IDH du Bénin en 2014 (0,480) est en retrait par rapport à la moyenne observée dans l’ensemble des pays à faible niveau de développement humain (0,505) et celle des pays de l’Afrique subsaharienne (0,518).

En ce qui concerne les indicateurs de  développement basés sur le genre, les femmes ne bénéficient au Bénin que de 38,6% des conditions de vie (santé, autonomisation, marché de l’emploi), présentant un déficit de 61,4% par rapport aux hommes: Si les hommes reçoivent 100 unités pour leur bien-être, les femmes, quant à elles, n’obtiennent que 38,6 unités pour des considérations liées uniquement au genre. La santé de reproduction est le facteur qui contribue le plus à l’inégalité de genre au Bénin. En ce qui concerne la représentation des femmes au Parlement, le Bénin enregistre un taux de  7% depuis 2016.

L’engagement politique réaffirmé

Après avoir situé le contexte et le choix qui a motivé le thème de ce rapport, M. Siaka Coulibaly a mis l’accent sur les conclusions dudit rapport :  Premièrement, le développement humain durable ne peut être atteint du seul fait des progrès économiques et politiques, sans briser les barrières sociales ; deuxièmement, les analyses du Rapport ont mis en évidence que le développement est menacé dans son existence propre lorsqu’il n’est pas fondé sur la dimension de genre ; troisièmement, un trop grand nombre d’Africaines restent confinées à l’extrémité inférieure de l’éventail des opportunités économiques, perpétuant ainsi le faible statut socio-économique de leur famille ; Quatrièmement, le coût économique de l'inégalité entre les genres est considérable en Afrique est énorme, aussi bien sur le plan humain, social et économique.

Enfin, il a formulé le vœu que « le Bénin parvienne à se hisser au rang des Nations qui auront accompli des progrès spectaculaires dans la réalisation de l’Objectif de Développent Durable (ODD) n° 5 qui vise notamment à « Parvenir à l’égalité des sexes et autonomiser toutes les femmes et les filles » d’ici à 2030 ».

Madame Adidjatou Mathys, Ministre de la famille a évoqué quelques avancées notables enregistrées au Bénin depuis 2009. Quant à Madame Marie Odile Attanasso, Représentant le Ministre d’Etat chargé du Plan et du Développement, elle a reconnu le rôle social que jouent les femmes  et leur contribution au développement durable. Elle a rassuré que de nombreuses mesures ont été prises dans le Programme d’Action du Gouvernement  pour réduire les inégalités entre les genres.

Contact information

Janvier Polycarpe Alofa – janvier.alofa@undp.org
Elsie Assogba – elsie.assogba@undp.org

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