Allocution de M. Nardos BEKELE-THOMAS à l'occasion de la première édition du Forum sur le Développement Rural en Afrique

02 mai 2013

Excellence Monsieur le Président de la République du Bénin, Chef de l’Etat, Chef du Gouvernement,

Monsieur le Premier Ministre

Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement,

Monsieur le Secrétaire Exécutif du NEPAD

Monsieur le Conseiller Spécial et Représentant du Directeur du FIDA

Mesdames et messieurs les Chefs de Mission Diplomatique et les Représentants des Organisations Internationales,

Distingués invités,

Mesdames et Messieurs,

C’est pour moi un grand honneur et un immense plaisir de prendre la parole à l’occasion du lancement de la première édition du Forum sur le Développement Rural en Afrique portant sur le thème : »La transformation rurale durable à l’ordre du jour en Afrique. Ce premier forum, je l’espère, ouvrira le chemin à des actions stratégiques qui permettront à l’Afrique de se relever.

L’Afrique notre continent est riche (abondantes ressources naturelles, importantes terres fertiles non encore utilisées, bonnes conditions de production, impressionnantes ressources en eau, l’Afrique a la plus jeune population au monde, et elle croît rapidement, etc.) Autant d’opportunités ! Malheureusement, le continent peine à décoller. En exemple, l’Afrique subsaharienne est la lanterne rouge du classement de l’indice de développement humain agrégé pour l’année 2012, quand bien même elle arrive deuxième pour la rapidité de progression sur la période 2000-2011. L’amélioration des politiques ne suffit pas encore pour entrainer une progression sensible et durable du développement humain. C’est un paradoxe ! Oui, un véritable paradoxe à briser.

Distingués participants,

Il me plaît d’attirer votre attention sur deux aspects du thème central de ce forum :

Premièrement : comme l’Union Africaine l’a bien reconnu, la transformation socio-économique des zones rurales est un impératif pour l’Afrique. En effet, les zones rurales regroupent plus de 60% de la population africaine en grand e partie travaillant dans le secteur agricole dont la contribution à la production dépasse les 40% ; elles concentrent aussi plus de 50% des pauvres. Le milieu rural constitue une véritable déterminante dans toute stratégie de développement de l’Afrique. Toutefois, la forte dynamique urbain-rural, notamment dans le contexte africain marqué par une urbanisation rapide et ses défis nous impose une approche holistique d’intervention où les questions essentielles de santé, d’accès à l’eau, d’éducation, de nutrition, de réforme agraire, etc. doivent être abordées non pas isolément, mais ensemble pour garantir un développement équilibré et durable.

Deuxièmement, retenons que l transformation rurale doit prendre en compte l’intégration pleine et entière des trois volets : social, économique et environnemental de ce milieu. Ici, nous ne devons pas perdre de vue les questions de pauvreté en milieu rural, de sécurité alimentaire, de l’emploi des jeunes et des femmes, la prise en compte des questions du genre, des moyens de subsistance, du financement inclusif, la protection de la nature et des ressources naturelles, al résilience face aux crises et catastrophes, bref, tout ce qui concoure au développement humain durable.

L’enjeu est donc de taille. Pour assurer la transformation rurale durable en Afrique, quelles sont les options de politique à retenir ? Quelles expériences et bonne pratiques à travers le continent pourraient nourrir nos orientations ? Quels rôles et responsabilités reviennent à chaque acteur pour une croissance inclusive et durable ? A cet égard, le succès du modèle intégré et durable « Villes rurales africaines vertes » de Songhaï mérite d’être soulignés et recommandés.

Au-delà de la conception traditionnelle du monde rural, notre expérience ici au Bénin, sous le leadership du Président Boni YAYI suggère que les réflexions prennent en compte, la trilogie recherche-technologie-formation entrepreneuriale autour des potentialités et avantages de chaque région, la modernisation des outils de travail à travers la mécanisation, l’entrepreneuriat agricole des jeunes et des femmes, la promotion de l’agrobusiness et des chaînes de valeurs agricoles en lien avec les Business Promotion Center, la problématique de financement adapté et durable du monde rural y compris le secteur privé. Le cadre de la coopération sus-sud, les enseignements  tirés  des politiques  et stratégies adoptées par les pays comme le Brésil, la Chine, l’Afrique du Sud, etc. seront très utiles.

Avant de conclure mes propos, permettez-moi de saluer les efforts combien importants et continus faits par le Gouvernement du Bénin dans les différents domaines sus-évoqués. L’expérience de ce pays illustre bien la problématique. Monsieur le Président, toutes nos félicitations ! Nous vous encourageons à poursuivre sans relâche les actions concourant à la réalisation de votre vision pour le Bénin et l’Afrique.

Enfin, j’aimerais rappeler que dans un peu moins de 1000 jours, nous serons à l’échéance des OMD.

Notre espoir est que le Plan d’Action de Cotonou sur le développement rural en Afrique, qui sera élaboré à l’issue de ces deux jours de travaux aidera à accélérer les actions pour l réalisation de ces objectifs sur le continent. Le Système des Nations Unies (SNU) ne ménagera aucun effort pour accompagner les pays et la Commission de l’Union Africaine dans la mise en œuvre des actions qui seront retenues.

Je vous remercie de votre bienveillante attention.