Allocution de Madame Rosine Sori Coulibaly à l’occasion du forum sous régional sur l’entrepreneuriat féminin

2 avr. 2015

Mesdames, Messieurs,

C’est pour moi un privilège de prendre la parole ce jour à l’ouverture du Forum Sous Régional sur l’Entreprenariat Féminin.

Je voudrais, avant tout propos, remercier le Président de la République pour avoir choisi de présider personnellement la présente cérémonie. Ceci, est un symbole fort de l’engagement du Président et de son Gouvernement dans la promotion de l’autonomisation socioéconomique des femmes en général et l’entreprenariat féminin en particulier.

Excellence, Monsieur le Président de la République,

Mesdames et Messieurs,

L’entreprenariat féminin qui réunit les délégations de plusieurs pays africains en ce lieu est l’une des thématiques actuelles majeures de développement. Ceci se justifie notamment par le rôle important et la place qu’occupent, les femmes, dans la vie économique et sociale. Il n’est plus à démontrer qu’il ne peut avoir croissance économique et développement sans la pleine participation des femmes au processus. Mais quel est l’état des lieux de l’entreprenariat féminin ?

L’Organisation Internationale du Travail (OIT) dans une note sur le développement de l’entreprenariat féminin en 2014 a estimé à 33% (le tiers), la proportion de toutes les entreprises de l’économie formelle à travers le monde dirigées par les femmes. Mais, la majorité des femmes qui opèrent dans les économies en développement et de transition sont des très petites ou des micro-entreprises au potentiel de croissance limité. Au-delà de la sous-représentation des femmes dans les entreprises de toutes tailles, plus l’entreprise est grande, moins elle est susceptible d’être dirigée par une femme. La même publication indique que, 50 pour cent du potentiel productif des femmes sont sous-utilisées dans le monde contre 22% pour les hommes. Les données spécifiques pour les pays africains font défaut mais l’on peut aisément postuler des écarts significatifs entre la situation en Afrique Sud Saharienne et les moyennes globales. L’on rencontre de plus en plus de femmes chefs d’entreprises qui sont des modèles (nos braves femmes de Dantokpa, les Nana Benz du Togo, les femmes d’affaires leaders sur le continent), même si leur proportion actuelle par rapport aux hommes reste faible au regard du potentiel dont elles regorgent.

Plusieurs facteurs expliquent cet état de fait : le faible niveau d’instruction et de qualification, les pesanteurs socioculturelles, les contraintes familiales, le manque de garanties spécifiques pour l’accès au crédit, le défaut de propriété foncière, le faible accès aux moyens de production, auxquels viennent s’ajouter l’inexistence de dispositifs nationaux et sous régionaux forts pour la défense des intérêts des femmes entrepreneures et femmes d’affaires. Ce sont autant de facteurs qui non seulement limitent le volume et la qualité des activités, mais ralentissent la formalisation des entreprises et les possibilités de création de revenus pour elles-mêmes et leurs familles, mais restreignent également leur vrai potentiel de contribuer au développement socio-économique, et à la création d’emplois. C’est toute la problématique de la croissance inclusive qui est ainsi posée.

Le présent Forum est une excellente occasion d’échanges, de partages d’expériences et de nouvel engagement entre acteurs de la promotion de l’entreprenariat féminin à l’échelle régionale. Il se tient à un  moment où la communauté internationale  emprunte la dernière ligne droite dans la définition du nouvel agenda du développement post-2015.  L’instant est  donc hautement stratégique et les résolutions qui sortiront de ce rendez vous de Cotonou, j’en suis convaincue, seront très utiles.

Mesdames et Messieurs,

A l’issue des travaux, l’élaboration de stratégies claires et efficaces assorties de plans d’actions pour la levée des contraintes évoquées ci-haut dans chaque pays participant constituera l’une des valeurs ajoutées de ce forum. En effet, les avantages de l’autonomisation économique des femmes sont très nombreux et clairement mis en exergue par l’ONU FEMMES : plus il y a de femmes au travail, plus l'économie prospère ; une analyse des entreprises du classement Fortune 500 a montré que le rendement total offert aux actionnaires était supérieur de 34 pour cent dans les entreprises occupant le plus grand pourcentage de femmes dans des fonctions de management[1] . On a pu constater dans différents pays que l'augmentation de la part des revenus du ménage gérée par les femmes influence les dépenses d'une façon bénéfique pour les enfants, qu'il s'agisse de revenus propres ou de transferts d'argent[2]. Des études de cas, résultats d’études spécifiques et rapports montrant la contribution positive genre et développement inclusif sont très nombreux. L’entrepreneuriat féminin quant à lui,  comporte des spécificités différentes du modèle masculin, et susceptibles d’enrichir les connaissances générales en matière de gestion d’entreprises, de marketing et de création de richesse. Cela permettra d’asseoir les bases d’un entrepreneuriat féminin dynamique, source d’expériences et de leçons à vulgariser. Ainsi, par exemple, les différences culturelles dans les approches de l’entreprise, notamment la spécificité des raisons qui poussent les femmes à  créer des entreprises, la façon particulière dont elles les gèrent et les performances économiques et sociales qu’elles visent ou qu’elles réalisent méritent plus d’attention. Les filières et chaînes de valeurs à fort potentiel pour l’entreprenariat féminin devront être considérées. C’est pour toutes ces raisons que les femmes entrepreneures et femmes d’affaires, qu’elles vivent en milieu rural ou en ville, devraient faire l’objet d’une attention plus accrue dans l’élaboration des politiques et stratégies économiques et commerciales dans la sous région. Les bons exemples de la Coopération Sud Sud, des pays africains anglophones, des pays de l’Amérique Latine, du Maghreb devront faire l’objet d’échanges pratiques pour nourrir les plans d’actions. Un leadership politique et la mise en place de capacités techniques durables pour des résultats de promotion de l’entreprenariat féminin seront nécessaires pour la suite.

C’est le lieu de saluer les efforts faits dans ce sens par le Gouvernement du Bénin qui à travers plusieurs initiatives, focalise son attention et ses actions sur l’entreprenariat des femmes. On peut citer les principales facilités offertes par le Fonds National de Microfinance (FNM), le Fonds National de l’Entreprenariat et de l’Emploi des Jeunes (FNPEEJ), le Women Business Promotion Center exclusivement dédié à l’entreprenariat féminin, etc.

Le PNUD, - qui a toujours joué un rôle majeur en faveur des femmes - est résolu à poursuivre son appui à toutes les initiatives visant à promouvoir l’émancipation économique des femmes car une telle émancipation a un lien important avec leur capacité à participer aux marchés. Pour nous, l'égalité des sexes et l'émancipation de la femme sont au cœur des OMD et sont des conditions à remplir pour pouvoir surmonter la pauvreté.

Chers participants,

Je ne saurais clore mes propos sans  adresser mes chaleureux encouragements au Gouvernement béninois et en particulier au Chef de l’Etat, pour les initiatives en cours qui contribuent à l’autonomisation de la femme.

Je tiens à féliciter Madame le Ministère en charge de la Microfinance, de l’Emploi et de l’Entreprenariat des Jeunes et des Femmes,  pour cette belle initiative.

Enfin, je renouvelle ici l’engagement du PNUD et de toutes les Agences du Système des Nations Unies à continuer d’accompagner toutes les initiatives en matière promotion de l’autonomisation des femmes.

Je  souhaite plein succès à vos travaux et je vous remercie de votre aimable attention.

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