Allocution de Siaka Coulibaly, Coordonnateur Résident du SNU & Représentant Résident du PNUD à l’occasion du lancement du processus de mise aux normes du Programme intégré d’adaptation aux changements climatiques dans la vallée du Niger au Bénin

11 août 2016

C’est avec un réel plaisir que je prends la parole, ce jour jeudi 11 août 2016 à l’occasion de l’atelier de lancement du processus d’actualisation et de mise aux normes du « Programme intégré d’adaptation aux changements climatiques par le développement de l’agriculture, du transport fluvial et du tourisme, dans la vallée du Niger au Bénin ».

Ce programme élaboré en 2014 avec l’appui du Programme des Nations Unies pour le Développement bénéficie d’une attention soutenue de la part du Gouvernement. En effet, il a fait l’objet de communication en conseil des ministres où des orientations claires pour la recherche de financement en faveur de sa mise en œuvre sont données. Et la présence, à Malanville du Ministre du Cadre de Vie et du Développement Durable vient une fois encore confirmer l’attachement du Gouvernement à ce programme qui est structuré en sept projets qu’il me plait de rappeler ici. Ce programme ne pourra atteindre ses objectifs que grâce à une mise en œuvre optimale de l’ensemble des projets qui le composent. Il s’agit de :

  • La réhabilitation/ construction et la valorisation des retenues d’eau ;
  • Le désensablement ciblé du fleuve Niger et de ses affluents ;
  • La lutte contre l’érosion régressive des berges du fleuve Niger par la mise en place des palplanches et la végétation des berges ;
  • La construction des digues de protection des cultures contre les inondations ;
  • La gestion du foncier et des conflits potentiels ;
  • La poursuite des mesures de renforcement des capacités des producteurs pour leur adaptation aux changements climatiques ;
  • La valorisation des zones d’intérêt touristique et le développement du transport fluvial dans la vallée du Niger au Bénin.

Distingués invités,

Le Programme intégré d’adaptation aux changements climatiques par le développement de l’agriculture, du transport fluvial et du tourisme, dans la vallée du Niger au Bénin est élaboré pour être mis en œuvre dans les communes de Malanville et Karimama. Il touche l’ensemble des secteurs de la vie économique mais avec un accent particulier sur ceux de l’agriculture, du transport et du tourisme. Il s’agit des options stratégiques du fait de l’influence et du poids des secteurs choisis sur les autres.

S’agissant du secteur agricole, il est le premier réservoir de l’emploi et la principale source de création de richesse économique nationale. En effet, le Plan Stratégique de Relance du Secteur Agricole nous indique que plus de 60% des actifs masculins et 35,9% des actifs féminins réellement occupés exercent une profession agricole. De même, selon la même source, la contribution du secteur agricole au Produit Intérieur Brut (PIB) est de 30,48% sur la période 2005-2008. Mais ces dernières années, le pays fait face à de graves menaces du fait des changements climatiques dont les effets les plus connus sont : la variabilité spatiale et temporelle des saisons sèches et pluvieuses, les inondations, les vents forts, etc. Principalement, le phénomène d’inondation est devenu récurrent et les localités autrefois réputés à faible risque d’inondation sont désormais atteintes. Certaines communes comme Karimama et Malanville, du fait de leur position géographique constituent des territoires à haut risque. En effet, elles sont situées dans le bassin hydrographique du fleuve Niger et de ses affluents et sont la cible des inondations. Ces dernières créent d’énormes dégâts matériels et même des pertes en vies humaines et impactent négativement les différents secteurs d’activité. En  2010, les pertes principalement dues aux inondations dans le secteur agricole sont estimées à 26 691 283 333 FCFA pour tout le pays nous révèle le Rapport d’évaluation des besoins post catastrophe élaboré en 2011. Aux pertes et dégâts matériels s’ajoutent le dérèglement des calendriers agricoles traditionnels rendant obsolètes les connaissances endogènes dans le domaine et le recours à de nouvelles semences.  Les acteurs ruraux sont alors soumis au dictat du climat rendant leur condition de vie précaire et incertaine. Cela nous interpelle tous en tant agent de développement et nous ne devons pas rester pendant longtemps indifférents surtout si nous portons le titre de Gouvernement et de Partenaires techniques et financiers.

A l’image de l’agriculture, le secteur touristique n’est pas épargné des manifestations des changements climatiques. En effet, les inondations récurrentes et prolongées entrainent la perte de la biodiversité. Le potentiel écotouristique de la réserve de la biosphère du W à Karimama et dans ses périphéries à Kandi et Banikoara se dégrade progressivement et attire moins de touristes chaque année. Or il s’agit d’accroitre la contribution du secteur touristique à fort potentiel de création d’emplois et de richesse au développement de la localité.

Sur le plan du transport, la période des hautes eaux sur le fleuve Niger devrait constituée une opportunité. Ces eaux rendent les routes impraticables, contraignant les populations à privilégier le déplacement par barque entre Karimama et Malanville pour le commerce, le besoin des services administratifs et autres. Principalement à Karimama, les populations se déplacent par barque pour se procurer les soins de santé dans les dispensaires situés sur la rive gauche du fleuve Niger.

Distingués invités,

Les changements climatiques accentuent l’insécurité alimentaire, la perte de l’emploi et l’exode rural. Ce sont des phénomènes qui nous interpellent tous, et attendent des réactions fortes et mesurées de notre part. Il nous faut alors réagir au plus tôt et de manière conséquente pour éviter la dégradation continue de l’existant. Face aux différentes interventions en cours dans les communes de Karimama et Malanville, on est tenté de se demander la pertinence d’un tel programme. Mais les investissements ne sont pas suffisamment sécurisés et sont donc susceptibles d’être détruits à tout moment. C’est donc l’originalité de ce programme dont sa réalisation à travers les projets dédiés à la construction des digues et les mesures connexes identifiées demeurent les seuls moyens, capables de régler de façon durable le phénomène d’inondation dans les communes de Karimama et Malanville. Sa mise en œuvre permettra de sauvegarder  des emplois dans le secteur agricole, touristique et de transport. Dans un pays où le chômage et le sous-emploi sont assez prononcés, ce programme constitue une aubaine à saisir.

La conduite de l’ensemble de ces projets sur une période de cinq ans permettra d’augmenter la taille des emblavures et d’améliorer conséquemment les statistiques agricoles des cultures du riz, de la tomate, d’oignon et du maïs.

Mesdames et Messieurs,

Les changements climatiques risquent de compromettre sérieusement le développement si des efforts plus significatifs et plus structurés ne sont pas consentis.

Le présent atelier lance le processus d’actualisation et de mise aux normes des différents projets identifiés à l’intérieur du Programme intégré d’adaptation aux changements climatiques par le développement de l’agriculture, du transport fluvial et du tourisme, dans la vallée du Niger au Bénin. Au terme du processus, les projets seront mieux élaborés et conformes aux standards et critères d’éligibilité du Fonds Vert pour le Climat.

L’objectif visé par le programme PIACC-DAT est d’accroitre la résilience des acteurs du secteur agricole aux effets néfastes des changements climatiques, de créer pour les populations en général de nouvelles opportunités et de la richesse afin d’éliminer la pauvreté. Nous sommes à une étape importante qui conditionne l’obtention des financements pour une mise en œuvre réussie des projets et je voudrais nous inviter à accorder toute l’attention nécessaire.

Je demeure persuadé que les résultats de nos travaux déboucheront sur des propositions concrètes qui aideront les experts dans la finalisation des documents de projets permettant l’atteinte des objectifs visés par le gouvernement béninois.

Je ne saurais terminer mes propos sans adresser, au nom du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) mes remerciements au Gouvernement du Bénin pour sa sollicitude constante et la qualité de notre coopération. Je voudrais également remercier les cadres des différents départements ministériels pour leur soutien constructif à l’action d’appui du PNUD au développement du Bénin.

Tout en souhaitant plein succès à nos travaux, je vous renouvelle la disponibilité du PNUD à toujours accompagner le Gouvernement du Bénin dans son effort constant pour le développement durable.

-Vive la coopération internationale 

- Vive le Développement Durable

Je vous remercie

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