Allocution de M.Siaka Coulibaly, Représentant Résident du PNUD au Bénin à l’occasion de la cérémonie de lancement du Rapport sur le développement humain en Afrique 2016

17 nov. 2016


  • Mesdames, Messieurs

Avant tout propos, permettez-moi, d’adresser aux plus hautes autorités béninoises toute la gratitude du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), pour avoir permis la tenue de la présente cérémonie de lancement au Bénin du Rapport sur le développement humain en Afrique édition 2016 dont le thème est « Accélérer les progrès en faveur de l’égalité des genres et de l’autonomisation des femmes en Afrique ». Je tiens tout particulièrement à exprimer ma gratitude aux membres du Gouvernement ici présents. C’est également le lieu de saluer les nombreux invités ici présents pour avoir sacrifié une partie de leur temps précieux pour prendre part à ce lancement.

En posant cet acte ce jour, le Bénin s’inscrit dans la liste de la dizaine de pays africains ayant déjà procédé au lancement officiel du Rapport sur le développement humain en Afrique édition 2016, après le lancement effectué à l’échelle du continent par l’Administrateur du PNUD Mme Helen Clark le 28 Août 2016 à Nairobi au Kenya.

  • Mesdames et Messieurs les Ministres,
  • Honorables invités,

Deux raisons motivent le choix du thème relatif à l’égalité des genres dans le cadre du Rapport 2016.

En premier lieu, qu’il s’agisse de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, de la Déclaration du Millénaire, ratifiée il y a 15 ans, ou des Objectifs de Développement Durable récemment adoptés, la promotion des droits de l’homme et l’élimination de la discrimination et des inégalités à l’égard des femmes, des hommes, des filles et des garçons demeurent au cœur de l’attention mondiale. Toutefois, les inégalités persistent malgré la reconnaissance accrue des droits des femmes et des avantages qui profitent à l’ensemble de la société lorsque les femmes et les hommes jouissent des mêmes oppor­tunités, d’un traitement équivalent et d’un accès équitable aux ressources. À l’échelle régionale et nationale, un nombre croissant de personnes admettent que l’amélioration du bien-être économique et social des femmes africaines entraîne des conséquences positives dont bénéficie la société tout entière. Pourtant, malgré ce constat, les inégalités entre les genres restent considérables. Des écarts significatifs subsistent entre les opportunités offertes aux hommes et celles dont disposent les femmes. Il s’agit là d’un problème majeur et d’un obstacle considérable à la transformation structurelle, économique et sociale, laquelle demeure l’objectif de tous les pays Africains.

Par ailleurs et c’est là la deuxième motivation du choix du thème, chacun sait que les femmes représentent la moitié de la population du continent, si non plus de la moitié dans certains pays. Les aspirations de l’Afrique en matière de développement telles que formulées dans l’Agenda 2063 et dans le Programme de développement durable à l’horizon 2030 seront impossibles à concrétiser si la moitié de l’humanité est laissée pour compte. Fort de cette reconnaissance, le Rapport sur le développement humain en Afrique 2016 apporte une contribution importante au débat sur le développement concernant l'égalité des genres et l'autonomisation des femmes en Afrique. En adoptant une nouvelle approche axée sur l'économie politique en intégrant au cœur des analyses les normes sociales, les pratiques culturelles et les cadres institutionnels qui entravent l'égalité des genres et l'autonomisation des femmes, le Rapport analyse les contraintes structurelles qui entravent la libération du plein potentiel de l'investissement dans la promotion des femmes africaines.

  • Honorables invités,

En se basant sur ce cadre conceptuel d’analyse, les conclusions du Rapport mettent en exergue cinq (5) messages clefs sur lesquels je souhaiterais attirer l’attention de l’assistance.

Premièrement, le développement humain durable ne peut être atteint du seul fait des progrès économiques et politiques, sans briser les barrières sociales. Ici, le Rapport nous enseigne que si des progrès importants ont été accomplis sur le front de l’amélioration de la participation économique et politique des femmes, des défis majeurs restent à relever. Le Rapport met en lumière que peu de progrès ont été réalisés dans la lutte contre les normes sociales, les paramètres institutionnels et les pratiques culturelles néfastes qui perpétuent l'inégalité entre les genres. C’est pourquoi il convient d’éliminer les obstacles économiques à l’éducation des filles par le biais de la suppression des frais de scolarité, de la fourniture gratuite des fournitures scolaires, des repas et des transports ainsi que grâce à des mesures visant à prêter une assistance financière, des subventions et des bourses. En outre, il faudra redoubler d’efforts pour promouvoir un environnement scolaire tenant compte de la problématique hommes-femmes, en luttant par exemple contre la violence à l’égard des filles, en révisant le programme scolaire et les manuels pour éliminer les stéréotypes sexistes répandus et en mettant en œuvre des programmes de formation pour accroître la capacité des enseignants à offrir un enseignement soucieux du principe de l’égalité des sexes.

Deuxièmement, les analyses du Rapport ont mis en évidence que le développement est menacé dans son existence propre lorsqu’il n’est pas fondé sur la dimension de genre. Ceci fait écho à la prise de conscience que l’avancement du bien-être économique et social des femmes africaines a des retombées positives pour la société tout entière. L’égalité des genres est un catalyseur essentiel ou un vecteur clé du développement. Ainsi, pour s’attaquer aux causes profondes de la pauvreté des femmes, il est indispensable d’éliminer les inégalités entre les sexes dans l’emploi rémunéré et non rémunéré, de garantir une protection sociale tout au long de la vie ainsi qu’un accès aux actifs sur un pied d’égalité, et d’accroître les investissements dans les infrastructures et les services sociaux de base. Du reste, le manque de données sur la pauvreté des femmes continue de poser un défi majeur. Il faut recueillir davantage de données et en améliorer la qualité pour faciliter des évaluations de la pauvreté qui sont multidimensionnelles et sensibles à la problématique hommes-femmes.

Troisièmement, un trop grand nombre d’Africaines restent confinées à l’extrémité inférieure de l’éventail des opportunités économiques, perpétuant ainsi le faible statut socio-économique de leur famille. Ceci explique pourquoi le rythme de l’accélération du processus de l’égalité des genres a été plus lent et irrégulier que prévu. Pour lutter contre le fléau de la pauvreté intergénérationnelle et du faible développement humain, les politiques publiques doivent davantage se mettre au service de l’égalité entre les genres et l’autonomisation des femmes. Le manque de ressources dans les budgets nationaux et à l’international pour mettre en œuvre les politiques publiques fait figure dans les défis majeurs. Ce fait est corroboré par les preuves d’amélioration là où l’assistance au développement officielle s’est concentrée, par exemple dans le domaine de l’éducation. Cependant, le manque important d’investissement dans d’autres secteurs et dans l’ensemble de l’économie continue de susciter de graves inquiétudes.

Quatrièmement, le coût économique de l'inégalité entre les genres est considérable en Afrique est énorme, aussi bien sur le plan humain, social et économique. Il existe des éléments de preuve qui donnent à penser que les femmes sont plus susceptibles que les hommes de vivre dans la pauvreté. Les femmes sont aussi moins susceptibles que les hommes d’avoir accès à un emploi décent, à des actifs et à une forme de crédit officiel. Aujourd’hui, et comme indiqué dans la présentation qui nous été faite tout à l’heure, les femmes africaines parviennent à un niveau de développement humain équivalant à 87% seulement de celui des hommes. Selon les estimations du Rapport, l’inégalité des genres sur le marché du travail a coûté à elle seule à l'Afrique subsaharienne environ 105 milliards de dollars en 2014. Compte tenu de ces disparités, la réalisation des ODD et de l’Agenda 2063 en Afrique serait juste une aspiration, et non une réalité si rien de décisif n’est fait.

Cinquièmement enfin, la mise en œuvre de l’application de la législation en vigueur est d’une importance capitale. La persistance des comportements discriminatoires et des normes sociales qui banalisent, voire légitiment, la violence constitue un obstacle de taille à la suppression de la violence à l’égard des femmes. La mise en place de cadres juridiques et politiques solides pour s’attaquer à toutes les formes de violence à l’égard des femmes dans tous les pays demeure certes une priorité absolue, de même que l’affectation de ressources suffisantes à cet égard, les stratégies de prévention de la violence à l’égard des femmes à long terme et l’offre de services accessibles et de qualité aux victimes.  Toutefois, le silence social et le silence institutionnel qui entourent la violence à l'égard des femmes se conjuguent, perpétuant ainsi en Afrique une violence systémique et normalisée. Par conséquent, la difficulté n’est pas de peaufiner les normes juridiques existantes, mais plutôt de veiller à ce que celles-ci soient prônées, acceptées et intégrées aux lois et réglementations nationales, puis pleinement mises en œuvre et appliquées.

  • Mesdames et Messieurs

Pour inverser la tendance, le rapport indique qu’il est impératif de forger des alliances solides entre toutes les couches de la société (gouvernements, secteur privé, organisations de la société civile (OSC) et partenaires au développement) en vue d’œuvrer de concert pour mettre en place un programme d'action commun visant à accélérer l’égalité des genres et l'autonomisation des femmes en Afrique. Cela inclut la création d’une Banque africaine d’investissement pour les femmes et l'ouverture de guichets d'investissement à l’usage des femmes dans les banques de développement nationales et régionales ; et l’engagement des institutions du secteur public et privé à mettre en œuvre un label de Certification Égalité des genres pour promouvoir les principes d’égalité des chances parmi les employés.

C’est sur cette note d’optimisme que je voudrais terminer mon propos et formuler le vœu que le Bénin parvienne à se hisser au rang des Nations qui auront accompli des progrès spectaculaires dans la réalisation de l’Objectif de Développent Durable (ODD) n° 5 qui vise notamment à « Parvenir à l’égalité des sexes et autonomiser toutes les femmes et les filles » d’ici à 2030.

Je vous remercie.

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