Discours de M. Siaka Coulibaly, Coordonnateur Résident du SNU au Bénin à la Rencontre internationale sur la coopération Sud-Sud et triangulaire : Outil d’accélération des ODD dans les pays du Sud

21 févr. 2017

C’est pour moi un grand honneur et un réel plaisir d’être parmi vous aujourd’hui à la session d’ouverture de la rencontre internationale placée sous le thème « Coopération sud-sud et triangulaire : outil d’accélération des Objectifs de Développement Durable (ODD) ».

Permettez-moi, avant tout autre propos, de souhaiter aux différentes délégations présentes à cette rencontre, une chaleureuse bienvenue et un agréable et fructueux séjour dans notre deuxième pays, le Bénin.

Je voudrais également remercier et féliciter, son Excellence Monsieur Abdoulaye Bio TCHANE, Ministre d’Etat, chargé du Plan et du Développement, ainsi que son Excellence Monsieur Aurélien AGBENONCI, Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération, pour le travail considérable qu’ils ont entrepris conjointement afin de permettre l’organisation de cette rencontre et d’en assurer un grand succès.

Je voudrais étendre ma gratitude à l’Envoyé Spécial du Secrétaire Général et toute sa délégation pour avoir fait le déplacement de New York à Cotonou. Cette adhésion met clairement en évidence toute l’attention du Gouvernement à la coopération Sud-Sud et les potentialités pour l’opérationnalisation des Objectifs du Développement Durable (ODD) au Bénin.

Mes vifs remerciements vont également à tous les autres participants, qui ont bien voulu prendre part à cet évènement. Votre présence nombreuse et distinguée aujourd’hui témoigne de l’intérêt particulier accordé à la Coopération sud-sud et triangulaire. 

Mesdames, Messieurs

L’un des défis majeurs que doivent relever les pays du sud en matière de développement, consiste à trouver les moyens de sortir de la trappe de la pauvreté tout en transformant la structure de leurs économies. Eriger l’éradication de la pauvreté en élément central des Objectifs de Développement Durable(ODD) est d’autant plus nécessaire que le phénomène est généralisé et profond et freine le progrès économique et social. Le Système des Nations Unies notamment le PNUD juge tout à fait fondés tous les efforts que déploient les pays du sud et particulièrement le Gouvernement du Bénin en ce sens et s'inscrit à vos côtés pour mener cette âpre lutte.

Cette éradication ne pourra devenir effective qu’à travers la réalisation des ODD. Au niveau global, selon une estimation du Comité intergouvernemental d’experts sur le financement du développement durable, les besoins pour leur réalisation sont évalués à plus de 5000 milliards USD par an. Ceci nécessitera non seulement une mobilisation de l’aide publique au développement (l’APD, qui ne couvre que 3% des besoins estimés et pourrait monter à 7% des engagements pris par les pays du Nord) ; la mobilisation des ressources intérieures (à travers un élargissement de l’espace fiscal) et enfin, les investissements privés qui même s’ils augmentent, restent largement en deçà des besoins ; les PMA n’en reçoivent qu’une portion infirme.

Dans ce contexte de rareté de l’aide et de difficulté de mobilisation des ressources intérieures dans la plupart des pays du sud, certains d’entre eux connaissent une croissance économique rapide, éclipsant les performances des vieux pôles industriels du nord et défiant la traditionnelle division nord-sud. Ces économies émergentes (Chine, Inde, Brésil, Argentine, Indonésie, Afrique du Sud) apportent une contribution décisive à la croissance économique mondiale et s'affirment de plus en plus comme des acteurs incontournables du développement. En 2010, ils représentaient, selon les estimations de l'OCDE, près de 50 % du produit intérieur brut mondial, contre 36 % il y a dix ans. Face à cette situation et au regard des défis du développement, les autres pays du sud doivent de plus en plus s’engager dans des logiques de partenariat sud-sud, couvrant non seulement des flux financiers, mais aussi des logiques de partage d'expériences, de transfert de technologies, d'accès préférentiel au marché, ainsi que d’autres logiques commerciales plus solidaires. D’où la nécessité de renforcer la coopération sud-sud et triangulaire, qui doivent s’étendre au secteur privé et à la société civile. C’est dans cette perspective que s’inscrit la présente rencontre entre les experts des pays, le PNUD et le Gouvernement du Bénin.

Mesdames, Messieurs,

La coopération Sud-Sud est reconnue depuis une trentaine d’années, en complément à la coopération Nord-Sud, comme un instrument pour le développement, favorisant l’appropriation des stratégies par les pays du Sud, et renforçant leur rôle dans les processus de développement, dans un véritable esprit de partenariat.

L’exploitation du potentiel de ces formes de solidarité passe par une clarification du concept. La Coopération sud-sud pour le développement constitue un processus bilatéral ou multilatéral de partage et d’échange mutuel de solutions essentielles au développement, de connaissances, d’expériences et de bonnes pratiques, de politiques, de technologies et de ressources entre des pays du sud. Cette coopération devient triangulaire lorsque s’ajoute un  partenaire du Nord, fournisseur traditionnel de ressources et/ou une organisation multilatérale.

La coopération Sud-Sud est un processus par lequel les pays en développement cherchent à réaliser leurs objectifs de développement à travers l'échange de connaissances, de compétences et de ressources, la formulation de programmes communs ou la prise de mesures collectives.

La coopération sud-sud permet donc aux pays en développement d’acquérir des connaissances techniques et spécifiques, grâce à une proximité géographique, des complémentarités régionales croissantes et des défis communs. Dans sa promotion de la Coopération Sud-Sud, le système des Nations Unies attire l’attention sur deux défis majeurs pour la rendre profitable aux pays en développement:

·  Le premier défi est d’amener dans la coopération sud-sud, les pays « plus forts » du partenariat à accepter volontairement de respecter les intérêts des pays « plus faibles », dans un souci de solidarité, de mutualisation et d'égalité véritables. En effet, pendant que la coopération sud-sud crée de nouveaux espaces et ouvre de nouvelles possibilités de coopération permettant aux pays émergents d'offrir aux pays en développement, l'expérience de leurs réussites et de leur proposer une aide au développement, elle aggrave la persistance des déséquilibres commerciaux dans la mesure où la structure des échanges commerciaux n’a pas connu de changement qualitatif. Les pays en développement demeurent des réservoirs de produits de base et des marchés de consommation de produits finis importés, servant à alimenter la croissance industrielle notamment des pays à économies émergentes. Dans le même sens, les capacités de négociations des pays « plus faibles » doivent être renforcées.

·  Le second défi a trait à l’évaluation des besoins. La coopération sud-sud serait efficace et efficiente pour un pays s’il arrive à mieux identifier ses besoins à travers les réponses à certaines interrogations comme par exemple :

1.     Un environnement propice : Quels sont les atouts et les faiblesses en termes de capacités au niveau politique ? À quelles insuffisances l’Initiative de coopération sud-sud pourra-t-elle remédier? Existe-t-il des sources de financement national qui pourraient soutenir ce domaine de travail sur le long terme? Que pourra offrir le fournisseur et par le biais de quelle(s) modalité(s) de coopération sud-sud?

2.      Capacités individuelles : Quelles connaissances sont nécessaires ? Quelles lacunes en termes de compétences l’Initiative de coopération sud-sud peut-elle combler ? ;

3.     Capacités organisationnelles : Quels sont les institutions publiques y dédiées ? Quelles sont les parties prenantes devant participer à l’Initiative de coopération sud-sud et quels sont leurs mandats, leurs atouts et faiblesses? Quelles sont les insuffisances prioritaires en matière de capacités que l’Initiative de coopération sud-sud peut corriger?

Je souhaiterais qu’au cours des trois jours de réflexion sur la coopération sud-sud et triangulaire que durera cette rencontre, les pays présents et particulièrement le Bénin puissent profiter de l’expérience des experts venus d’horizon divers pour approfondir ces différents éléments. Je reste confiant que le fruit des réflexions de cette rencontre internationale, contribuera à nourrir les prochaines initiatives de coopération sud-sud et triangulaire liant vos pays respectifs et particulièrement le Bénin, dans le cadre de l’opérationnalisation de Programme d’Actions du Gouvernement 2016-2021.

Je ne saurais terminer mon propos sans saluer une fois de plus le leadership du Gouvernement béninois dans la réalisation des Objectifs de Développement Durable (ODD), notamment à travers  la promotion de la coopération sud-sud et triangulaire.

Je voudrais aussi vous assurer de la disponibilité de mon Institution, à soutenir l’opérationnalisation de ces formes de solidarité.

Je vous remercie.

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