M. Siaka Coulibaly, Coordonnateur Résident du Système des Nations Unies et Représentant Résident du PNUD au Bénin délivrant son message à la cérémonie officielle de lancement des Journées béninoises de l'évaluation

Je suis particulièrement heureux d’être présent à cette cérémonie officielle dans cette salle Vivo du Marina Hôtel-Bénin, ce jour lundi 06 août 2018, qui marque le lancement de la 5ième édition des Journées béninoises de l’Evaluation (JBE), activité marquante s’il en est, dans le processus de développement de la fonction évaluative.

Mesdames et Messieurs

La communauté des praticiens s’accorde à reconnaître que l’Evaluation est un impératif majeur pour le développement. Aux côtés d’autres instruments comme l’audit et le suivi, l’évaluation participe de la gestion axée sur les résultats et de ce fait, devient un vecteur de changement pour le développement. Durant les deux dernières décennies, l’Evaluation des politiques publiques a pris un essor considérable en Afrique. Cette nouvelle dynamique sur le continent africain est favorisée par le contexte démocratique et l’exigence de transparence.

A l’aune de l’Agenda 2030 et de ses Objectifs de développement durable (ODD), l’institutionnalisation de la fonction d’Evaluation et sa pratique revêtent une importance particulière. De par leur caractère universel, les ODD constituent un outil de redevabilité et de coopération internationale dont le lien avec la fonction d’Evaluation est évident. En effet, comme l’indique l’article 72 de la Résolution de l’ONU portant l’Agenda 2030 pour le développement durable, le processus de suivi et de revue des ODD sera rigoureux et fondé sur des évidences, éclairé par des évaluations et des données produites par les pays. Ainsi, à l’inverse de l’Agenda qui a prévalu jusqu'en 2015, les contributions volontaires nationales (VNR en anglais) et les résultats de l'évaluation des besoins d’investissements pour la réalisation des cibles nationales des ODD s'inscrivent dans le cadre d’évaluation universel commun à 193 pays signataires de l’Agenda 2030, dont le Bénin. Ce cadre commun d’évaluation appelle un changement dans la conception, la mise en œuvre et le pilotage des politiques et programmes de développement notamment au niveau du système de gouvernance dans son ensemble au sein des pays et entre les pays. En cela, je trouve judicieux et pertinent le thème central de cette 5ième édition des JBE : « l’évaluation pour promouvoir une administration de développement ».

Dans un tel contexte, la tenue des JBE constitue une opportunité pour échanger sur les enjeux et les défis de la prise en charge par les administrations nationales de l’Agenda international de développement 2030 et de l’Agenda 2063 de l’Union Africaine dans la perspective de l’institutionnalisation de l’Evaluation en leur sein. La fonction d’Evaluation a le mérite de promouvoir à la fois la performance dans l’action publique, la capitalisation d’une information pertinente sur les politiques et la participation citoyenne à l’amélioration des interventions publiques notamment au Bénin. Cependant, force est de constater qu’en dépit de la volonté des acteurs, la pratique évaluative reste généralement contrainte par la faiblesse organisationnelle des administrations étatiques ainsi que la faiblesse fonctionnelle des dispositifs de suivi et des systèmes statistiques. Or les deux Agendas de développement que j’ai mentionnés il y a quelques instants reconnaissent également que l’Administration publique a un rôle central à jouer dans l’atteinte des cibles de développement fixées.

Considérant toute l’importance de l’Administration publique pour stimuler la croissance économique, le développement social et la protection de l’environnement – les trois piliers du développement durable que les ODD incarnent - réinventer et réformer l’administration publique en y instituant la fonction Evaluation est une manière positive et utile de progresser sur la voie du développement durable.

Mesdames et Messieurs,

Fort de ces constats, il me plait d’insister sur deux aspects essentiels.

En premier lieu, je pense qu’il y a nécessité d’adopter une approche multi acteurs des enjeux et besoins de renforcement de la pratique évaluative dans le processus de gestion du développement. L’évaluation devrait associer davantage toutes les parties prenantes des politiques publiques de développement. Sont concernés par l’évaluation les élus nationaux et les élus locaux, l’administration centrale et les collectivités territoriales, la société civile et le secteur privé, mais également les populations que l’on a tendance à oublier alors qu’elles doivent elles aussi se saisir de l’enjeu de compréhension et d’évaluation citoyennes de l’action publique.

Comme le reconnaissons et le pratiquons au sein du Programme des Nations Unies pour le développement en matière d’évaluation, le besoin d’associer l’ensemble des acteurs se justifient également par le fait qu’une activité d’évaluation donnent toujours lieu à une acquisition de nouvelles connaissances par les acteurs en présence et leur perfectionnement en matière de gestion du processus du développement. Par la suite, l’élaboration des systèmes de gestion de connaissances et le développement de groupes d’apprentissage et de réseaux de praticiens auront pour effet d’améliorer l’accès aux connaissances et le partage de ces connaissances ainsi que la collaboration, et enfin de stimuler l’innovation.

En deuxième lieu, je puis dire que la culture de l’Evaluation au sein des administrations publiques constitue un enjeu majeur du pilotage stratégique des politiques de développement. Surtout en présence des systèmes de plus en plus complexes où les ministères, les politiques, les projets et programmes et les multiples acteurs interagissent de manière souvent imprévisible. En outre, l’évaluation peut être coûteuse et peut nécessiter des besoins en expertise analytique quantitative et qualitative de pointe. Par conséquent, le développement des capacités pour la production et la conduite des évaluations peuvent aider à améliorer la qualité du processus de suivi et d’évaluation des politiques publiques. Autant d’aspects qui nécessitent une planification rigoureuse et à long terme de l’Evaluation en y intégrant tous les besoins notamment en ressources financières et humaines. En outre, il est essentiel d’assurer la diffusion des résultats des évaluations pour en favoriser l’utilisation par tous.

Mesdames et Messieurs,

Comme vous le savez, le Système des Nations Unies et le PNUD ont pour vocation de répondre aux besoins de renforcement des capacités nationales d’évaluation à la demande des gouvernements, et travaillent sur la promotion de la coopération Sud-Sud et de la coopération trilatérale en faveur du renforcement des capacités d’évaluation. A cet effet, je voudrais réaffirmer notre disponibilité pour plus d’efficacité dans l’institutionnalisation et l’enracinement de la culture de l’Evaluation afin s’améliore les politiques et stratégies de développement dont la finalité est celle d’offrir les meilleures conditions de vies aux populations sans laisser personnes de côté.

Pour terminer mon propos, je tiens une fois encore à saluer cette excellente initiative du Gouvernement du Bénin et à remercier particulièrement vous-même, Monsieur le Ministre d'Etat, pour nous avoir associé à cette activité. Sur ce, je souhaite que les travaux qui ont démarré ce matin et qui se poursuivent soient l’occasion d’intenses échanges et de réflexions approfondies autour de la thématique centrale retenue pour les JBE 2018.

Je vous remercie.

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