Success Story

Un chômeur devenu pourvoyeur d’emplois

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Dans la commune d’Abomey Calavi, située à plus d’une dizaine de kilomètres de Cotonou au Bénin, l’expérience de l’émergence du chômage d’André, transformateur de fruit  et promoteur de l’Etablissement « Bissap-House » est élogieuse à plus d’un titre même si l’exploit n’est pas encore à grande échelle.

Parmi les causes profondes et structurelles de la pauvreté au Bénin, il est à noter entre autres, la population très jeune subissant le chômage, avec de très faibles perspectives d'emploi. La pauvreté constitue l’un des défis majeurs à relever pour le développement du Bénin. La population  active potentielle est estimée au Bénin en 2006 à 4 856548 individus ; soit 64% de la population totale du pays dont 51% de femmes et 49% d’hommes. Au vu du taux d’accroissement, la population active est estimée à 4,4 millions en 2015 alors qu’elle était de 2,7 millions en 2000. Et cela nécessite la création de 110.000 emplois en moyenne par an. Au regard de ces statistiques, il est indéniable que le Bénin est confronté à la question du chômage et de la pauvreté à grande échelle d’où la nécessité de l’investissement pour créer suffisamment d’emplois pour ces jeunes et ces femmes afin d’éviter d’autres crises à l’avenir.

Face à cette situation préoccupante,  le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) s’est engagé aux côtés du gouvernement du Bénin pour l’accompagner à sortir sa jeunesse et ses femmes de la pauvreté. Ainsi,  le gouvernement a organisé avec l’appui technique et financier du PNUD, un forum national les 6, 7, et 8 mars 2007 sur l’emploi des jeunes pour proposer des voies et moyens pouvant permettre de lutter contre cette situation qui rend improductive, la main d’œuvre capable d’induire le développement du Bénin. Au terme du forum, un comité de suivi des résultats a été installé pour assurer la mise en œuvre des recommandations. Entre autres, il est recommandé de développer et de renforcer l’aptitude à l’emploi des jeunes par la formation et l’apprentissage ; développer l’esprit d’entreprise et de leadership des jeunes tout en facilitant leur organisation économique. Il est aussi recommandé de faciliter l’accès des jeunes au crédit et au foncier par la mise en place de mécanismes appropriés répondant à la spécificité des jeunes ; de promouvoir l’emploi en milieu rural à travers la modernisation du secteur agricole.

Le Chef de l’Etat s’est engagé à mettre en œuvre lesdites recommandations et a annoncé, lors de la remise des actes par les jeunes, la création d’un Fonds national pour l’emploi des jeunes(FNPEEJ) avec une dotation initiale de 6 milliards de francs CFA. Depuis lors, le gouvernement du Bénin s’est aussi engagé dans un partenariat dynamique avec des partenaires techniques et financiers et en particulier le PNUD à travers un appui au renforcement des capacités institutionnelles du ministère de la microfinance, de l’emploi des jeunes et des femmes.

Pour accompagner le Gouvernement dans ses initiatives salutaires, le PNUD a mis en place le Projet d’Appui à la Promotion de l’Emploi des Jeunes (PAPEJ) placé directement sous l’autorité du Ministère en charge de l’emploi et de la micro finance. Ce projet a permis, entre autres, d’élaborer une carte de potentialités agricoles et de formuler de micro projets générateurs d’emplois et de revenus dans les 77 Communes du Bénin. En outre, dans le cadre du développement des capacités des jeunes promoteurs bénéficiaires de crédits du FNPEEJ, le projet, en collaboration avec le Centre Songhaï de Porto-Novo, organise des séries de stages de formation en entreprenariat dans les divers domaines d’activités (production agricole, transformation agro-alimentaire, commercialisation, etc.). Il facilite également l’accès des promoteurs aux micros crédits pour le développement de leurs activités en les mettant en contact avec le FNPEEJ.

Un chômeur devenu pourvoyeur d’emplois

C’est au nombre des expériences  acquises par les 85 premiers bénéficiaires (66 hommes et 19 femmes) de ce projet que s’inscrit le témoignage d’André, la quarantaine d’âge presque accomplie, aujourd’hui promoteur d’une entreprise de fabrication de jus de fruits.

André vit dans le village Ahossougbéta dans la Commune d’Abomey-Calavi à une vingtaine de kilomètres de Cotonou. Il a bénéficié  courant mars 2008, du programme de renforcement de capacités des jeunes à l’emploi et du Fonds national de promotion de  l’entreprise et de l’emploi des jeunes  (FNPEEJ) pour devenir aujourd’hui un promoteur d’établissement « Bissap-House » où il prépare essentiellement  des jus de fruit. Comptable  et gestionnaire d’entreprise de formation. André est aujourd’hui un reconverti parce qu’il était un demandeur d’emploi qu’il ne trouvait pas à part quelques activités  saisonnières. Il a même été agent recouvreur avant de bénéficier du crédit FNPEEJ. Depuis lors « ma situation est devenue plus stable » a confié André, qui  affirme ne plus être demandeur d’emploi mais désormais pourvoyeur d’emplois.

Le chemin qui a conduit André n’a pas été sans obstacles. Car, a-t-il confié, il a rédigé son projet qu’il a déposé à la Banque Régionale de Solidarité (BRS). Ne voulant pas le financer, on lui faisait faire des va-et-vient juste pour le décourager. Un jour, il a rencontré par hasard un ami qui l’a informé de ce que l’Etat accompagne désormais des jeunes à travers le Ministère en charge de la microfinance. C’est ainsi qu’il s’y est présenté avec son projet. Après étude des dossiers trois mois plus tard, il a été invité pour remplir les formalités afin de bénéficier du FNPEEJ. Le montant qu’il tient à garder secret, lui a permis de réaménager un local pour son établissement de fabrication de jus de fruit, d’acheter une voiture pour la distribution des produits et d’acheter suffisamment de matières premières pour une grande production. En effet, André a été appelé en mars 2008 et déjà en juin 2008, il avait bénéficié du financement pour démarrer son activité. Une première tranche lui a été débloquée pour l’installation du projet. Dans la même période, il a suivi une formation au projet Songhaï à Porto-Novo, ceci, grâce au Projet d’appui à la promotion de l’emploi des jeunes (PAPEJ). Grâce à cette formation, André se dit capable de transformer toutes sortes de fruits.

Ce n’est qu’après la formation que la deuxième tranche lui a été libérée pour démarrer la production. Il travaille aujourd’hui avec son épouse et six (6) autres collaborateurs, à qui il paie chacun un salaire variant entre 30.000 et 35.000 Fcfa. « L’argent ne se donne pas, il se gagne » pense le nouveau promoteur André ; c’est pour cela qu’il s’attèle pour faire fructifier l’appui financier qu’il a reçu et qui a transformé sa vie. Son souhait est que son entreprise grandisse pour qu’il puisse embaucher beaucoup d’autres jeunes qui sont en attente d’emploi. Il se réjouit du développement que connaît son entreprise. Car, en cette fin d’année 2008, il reçoit beaucoup de commandes, 3000 commandes contre 300 les années antérieures. Et il place aussi ses produits dans les boutiques et marchés pour que plusieurs personnes puissent les découvrir. André nourrit de nobles ambitions pour son entreprise et pour d’autres jeunes. « Je compte agrandir mon entreprise pour quelle soit vraiment industrielle, pour que 40, 50 pourquoi pas 100 employés puissent y venir travailler et qu’on puisse exporter nos produits » a conclu le jeune transformateur de fruit et promoteur de l’établissement « Bissap-House ».

Œuvre utile

Le PNUD se félicite du démarrage heureux des activités qui s’inscrivent en droite ligne de sa mission de réduction du chômage des jeunes et des femmes au Bénin.

Au vu de ce résultat positif, il est donc indéniable que le Projet d’Appui à la Promotion de l’Emploi des Jeunes (PAPEJ) démarré en période de crise alimentaire a eu un impact positif sur les bénéficiaires et leurs proches. Tout souriant, André n’a pas démenti que son foyer a commencé à mieux se porter depuis qu’il a commencé cette transformation de jus de fruits. Ses revenus ont nettement augmenté.

Il est à souhaiter que des initiatives de ce genre puissent essaimer le pays notamment dans les zones rurales  pauvres en vue de non seulement réduire le chômage et la pauvreté, mais également de limiter de façon significative l’exode rural.