Actualité

Sécurité alimentaire et changements climatiques au Bénin

Cotonou, le 26 mars 2009
Le Bénin se prépare pour la mise en application de la 1ère mesure prioritaire et urgente relative à la production agricole et la sécurité alimentaire identifiée dans le Programme d’Action National aux fins d’Adaptation aux changements climatiques (PANA) pour réduire la vulnérabilité des populations. La phase d’élaboration du document de projet,  intitulé Programme Intégré d’Adaptation aux Changements climatiques dans le secteur de l’agriculture pour la sécurité alimentaire, a été lancée ce jour et prendra fin en novembre 2009. Le projet permettra de renforcer les capacités institutionnelles et techniques en matière de prévision, d’évaluation et de gestion de la variabilité climatique sur le secteur agricole, l’amélioration de la sécurité alimentaire et de la résilience des exploitants les plus vulnérables aux effets des Changements climatiques.

Une évaluation des risques des changements climatiques au Bénin révèle que dans la partie septentrionale du pays par exemple, les tendances suivantes sont attendues : une plus grande variation des précipitations très fortes au début et à la fin de la saison pluvieuse ; des moussons de plus courte durée, à retardement avec des précipitations irrégulières ; une augmentation significative des températures de surface d’environ 1 à 2°C en 2025 aussi bien pendant la saison sèche que pendant la saison des pluies ;

Pluies très agressives de courte durée; une érosion accentuée sur les pentes et sols dénudés par vitesse d'écoulement plus rapide des eaux de surfaces, ce qui entraîne très peu d'infiltration; une sécheresse accentuée, une faible disponibilité de l'eau dans le sol ; la perte de semailles/récoltes et une augmentation à long terme de la température moyenne (+2 à +5 fin 21ème Siècle).

Malheureusement, les capacités nationales pour faire face à ces défis sont insuffisantes. Il est à noter : la quasi inexistence de dispositifs pour la localisation et le suivi des phénomènes météorologiques extrêmes, l’absence d’un vrai système de diffusion d’avis, d’alerte et de prévision, la vétusté et désuétude du système de transmission/ communication des données d’observation.

Pour corriger ces insuffisances et s’adapter aux effets néfastes et pervers des changements climatiques au Bénin, plusieurs mesures prioritaires ont été retenues dont la mise en place d’un système de prévision de risques climatiques et d’alerte rapide pour la sécurité alimentaire dans quatre zones agro écologiques vulnérables, l’adaptation aux changements climatiques par la promotion des énergies renouvelables et des foyers économiques performants et autocuiseurs face à la pénurie du bois - énergie au Bénin, la mobilisation des eaux de surfaces aux fins d’adaptation aux changements climatiques ; la protection des femmes enceintes et des enfants de moins de cinq ans contre le paludisme et la protection de la zone côtière contre l’élevation du niveau de la mer.

Pour la mise en œuvre de la 1ère  mesure, le Bénin a élaboré la fiche d’identification de projet qui  été approuvée par le Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM). La phase préparatoire d’exécution de cette mesure aboutira à l’élaboration du document de projet. Au cours de la cérémonie de lancement du projet relatif à la mesure sur la sécurité alimentaire, différentes communications ont été présentées et ont permis d’examiner la situation de la production agricole en 2008, d’apprécier des initiatives nationales d’adaptation aux changements climatiques et de formuler des suggestions et recommandations en vue de la bonne conduite du processus.
En dépit de quelques difficultés, des cas d’inondations (5870 ha de cultures inondées, 3843 ha irrécupérables), de quelques poches de sécheresse dans le Nord, des constats d’attaque de criquets et pullulation de sautereaux, la campagne agricole de 2008 a été positive et permettra de faire face à la demande alimentaire en 2009.

Mais au niveau du secteur de la pêche, pourvoyeur de 600 000 emplois directs et indirects au Bénin de lourdes menaces pèsent avec la disparition de certaines espèces aquatiques, la salinité, l’acidité des eaux. Face à cette situation, des  mesures d’adaptation sont en train d’être prises.  La Direction des pêches par exemple a pris, à titre expérimental, des initiatives comme la mise en place d’un système d’appui aux activités génératrices de revenus grâce au soutien financier de la FAO pour réduire la mobilité et migration des populations, l’essai de production du riz nerica avec ADRAO pour valoriser les mangroves, la promotion de l’aquaculture en cage, les trous à poissons. Un autre projet pilote de renforcement des capacités d’adaptation des acteurs ruraux béninois face aux changements climatiques est mis en œuvre par l’organisation non gouvernementale dénommée Initiatives pour un Développement Intégré Durable (IDID). Il s’investit dans la préparation et la diffusion des informations agro-météorologiques dans les zones rurales du Bénin. De même, un projet pilote d’adaptation aux changements climatiques dans les bassins versants au nord-ouest du Bénin a été mis en œuvre de 2006 à 2007 grâce à l’appui de la GTZ pour servir d’expérience de base aux projets PANA.

Le Programme Intégré d’Adaptation aux changements climatiques dans le secteur de l’agriculture pour la sécurité financé par le FEM / PNUD devra s’inspirer des initiatives d’adaptation existantes et prendre en compte la dimension genre vu que les femmes constituent un groupe très vulnérable aux changements climatiques.

Un effort de mobilisation de ressources reste à consentir pour le cofinancment de la première mesure prioritaire et la mise en œuvre des autres mesures urgentes et prioritaires, car au-delà de leur caractère environnemental, les changements climatiques posent la problématique du développement.

 


.