Epi de maïs rouge dans un champ de tomate

Les maladies et ravageurs constituent une des principales causes de perte de productivité dans le secteur du maraîchage. Ces pertes dépasseraient 40 à 50 pour cent sous les tropiques et dans les régions subtropicales (FAO, 1995 a, b). Lutter contre ces ravageurs permettra de soutenir les femmes de la filière maraîchage en augmentant leur productivité.

L’analyse exploratoire du thème de la sécurisation des revenus des femmes maraîchers a permis à l’équipe du Laboratoire d’Accélération du PNUD d’identifier les acteurs, les problèmes auxquels ils sont confrontés ainsi que la cartographie des solutions qu’ils ont développées ou adoptées pour y faire face. Cet exercice a permis d’une part, de retenir des solutions potentielles pouvant faire l’objet d’expérimentation dans la commune d’Avrankou eu égard à la similitude des problèmes rencontrés par les femmes de cette localité avec ceux des femmes des autres contrées étudiées lors de la phase exploratoire.

Vous connaissez tous le maïs rouge ?! Oui certainement mais probablement pas pour son utilisation dans la lutte contre les nuisibles et ravageurs de la tomate. Les feuilles d’une certaine plante locale : « AGNANMA» dont l’appellation scientifique reste à découvrir sont également utilisées par les maraîchers du sud-Bénin pour lutter contre le flétrissement des plants de tomate et la perte de leurs fleurs lors de la floraison.

Ces solutions sont quelques-unes des innovations locales utilisées par les maraîchers pour réduire significativement les pertes dues aux nombreux problèmes auxquels ils sont confrontés et qui menacent la régularité et la stabilité de leurs revenus

En effet, le premier cycle d’apprentissage de l’AccLab du Bénin a permis d’organiser des sessions de sensemaking, d’intelligence collective suivies de visites des exploitations maraîchères sur lesquelles lesdites solutions ont été adoptées afin de découvrir l’ingéniosité des maraîchers des communes échantillons visitées.

Pour lutter contre le flétrissement des feuilles ou la perte des fleurs des plants de tomate entraînant des pertes de cultures, les feuilles d’une plante  dénommée "AGNANMA"  en langue locale fon sont utilisées pour faire des piquets dans les sites de production de la tomate.

Après les avoir mises en terre sous forme de piquets juste au moment du repiquage des jeunes plants de tomate, lesdites feuilles sont remplacées en début de floraison. Les plants de tomates ne flétrissent plus et ne perdent plus leurs fleurs et les rendements obtenus sont bien meilleurs.


Les maraîchers utilisent également les piquets portant les épis de maïs rouge qu’ils plantent dans l'exploitation pendant la mise en place des jeunes plants et constatent l’absence d’attaques (chute des feuilles et des fleurs) précédemment enregistrées sur les plants de tomate.

Le pourpier femelle ci-dessous est mélangé avec du sable issu de la termitière puis mis aux quatre coins et au centre du champ. Quelques pieds du pourpier sont également plantés dans l’exploitation de tomate. Les maraîchers constatent alors une baisse de la mortalité des plants de tomate et une meilleure vigueur de ceux-ci. Outre la lutte contre les maladies et ravageurs non connus de la tomate, cette solution permettrait de maintenir dans l’exploitation une fraîcheur nécessaire pour le bon développement des plants de tomate du fait de l’apport massif de rosée qu’elle attire les nuits. Ce mélange est une solution pour lutter contre la sécheresse, la chaleur excessive et la rareté de l’eau en saison sèche du fait des effets négatifs du changement climatique.

Ces solutions ont été trouvées par les populations elles-mêmes face à l’inefficacité, constatée par elles, des solutions préexistantes dont certaines sont préconisées par la recherche…

Si nous convenons, avec les scientifiques que les facteurs qui expliquent ces résultats ne sont pas connus, il est aussi juste de reconnaitre la pertinence et le pragmatisme de la démarche paysanne.

Les innovations locales sont empiriques certes, mais elles produisent des résultats et impactent positivement l’existences de milliers de familles qui vivent de ces activités. Elles leur permettraient de maintenir voire d’améliorer leur productivité, toute chose indispensable pour assurer une sécurisation des revenus.

Dans les prochaines semaines, des expérimentations seront organisées sur la base des solutions potentielles identifiées, pour en tirer les leçons qui s’imposent pour les femmes maraîchères d’Avrankou. Il est attendu l’accompagnement de la recherche pour la mise en œuvre de certaines solutions relatives notamment à la transformation des légumes feuilles. Les Pairs formateurs des zones de production mettant déjà en œuvre lesdites solutions originales seront également mis à contribution sur les sites d’Avrankou lors des tests.

Les résultats du processus ainsi que les démarches élaborées pour leur mise à l’échelle seront ensuite partagés avec tous les acteurs de développement du Bénin (acteurs de la filière, société civile, secteurs privé, Gouvernement, Partenaires Techniques et Financiers).

Et vous ? Quelque chose de surprenant lors de vos sessions de sensemaking et d’intelligence collective ?

Merci de partager vos « AHA moments » !

 

 

Pourpier femelle et motte de termite

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