M. Ferdinand Boco, un agriculteur expérimentant la technique d'association de cultures pour la fertilisation du sol dans le village de Gbonou, commune de Dassa. Crédit photo : PNUD Bénin / Elsie Assogba



Dans les communes de Dassa, Savalou, Kalalé et de Djougou, un total de 1040 ha de terres dégradées par l’utilisation abusive des engrais chimiques sont en train d’être restaurées avec l’appui du projet Biomasse Electricité, à raison de 260 ha par commune. A travers l’octroi de l’engrais bio, les rendements se sont considérablement accrus avec une production de qualité meilleure à la grande satisfaction des bénéficiaires.

Au Bénin, environ 42 % des terres se trouvent dans un état de dégradation. Les communes d’intervention du projet ne sont pas épargnées par ce phénomène.

M. Maurille Agoïnon, fait partie des 1000 producteurs qui ont bénéficié de l’appui du projet Biomasse Electricité pour la gestion durable des terres. Ce jeune agronome de formation préside le groupement "Glémin" de Gobada - Lèkè, qui veut dire " le trésor est au champ", un groupement de 25 producteurs ayant pour vocation, la production du maïs, du soja, du riz, de l'anacarde et le maraîchage. Pour cet agronome de métier, le projet Biomasse vient apporter une alternative à la production chimique abusive, basée sur l'utilisation anarchique des produits et engrais chimiques à la quête d'un bon rendement.

Maurille vit dans une zone où sévissent les ravageurs du maïs notamment la chenille légionnaire. Il raconte que c'était avec amertume et découragement que leurs rendements en maïs étaient toujours les plus faibles. Impuissant face aux ravages des chenilles, ils étaient obligés de recourir aux produits chimiques. Certains producteurs utilisaient même des insecticides du coton, avec des répétitions excessives, sans se soucier de nuisance tant sur le plan sanitaire que sur les plans environnemental et économique. « Grâce au projet Biomasse électricité, avec l’installation des champs écoles, nous avons découvert des engrais biologiques qui permettent d’augmenter considérablement le rendement du maïs. Le rendement du maïs est passé de 800 kg à 1,5 tonnes par hectare avec des dépenses minimisées notamment pour la lutte contre les chenilles qui sont devenues résistantes aux produits chimiques que nous utilisions. Tous les producteurs de mon groupement ont doublé leur revenu et peuvent faire de l’épargne », raconte-t-il fièrement.

« Avant l’arrivée du projet Biomasse électricité, j’utilisais l’engrais chimique.  Il y a deux ans j’ai utilisé l’engrais chimique sur une portion de demi-hectare et j’ai récolté un sac de 100 kilogrammes de maïs. Cette année sur la même portion, avec l’engrais bio, j’ai récolté trois sacs de 100 kilogrammes », ainsi s’exprimait Monsieur Djoti Zato, producteur leader de maïs à Kakindoni.

Non seulement il a remarqué une différence dans la quantité des récoltes mais aussi dans la qualité des récoltes.

« J’ai constaté que le maïs récolté avec l’engrais chimique, avait de gros grains, et pourrissait vite ; mais avec l’engrais bio les grains de maïs sont petits et ne pourrissent pas », a poursuivi Djoti Zato tout fier de sa première récolte bio. Il souhaite par ailleurs que le projet les initie à la production de l’engrais bio afin de pérenniser et de généraliser l’utilisation de ce type d’engrais chez tous les producteurs et préserver leurs terres et la qualité des vivres.

Le projet Biomasse Electricité appuyé par le Gouvernement du Bénin, le Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM) et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) vise à réduire les émissions de Gaz à Effet de Serre (GES) en créant un environnement juridique, réglementaire et commercial favorable et en renforçant des capacités institutionnelles, administratives et techniques pour promouvoir la production d'électricité par gazéification de la biomasse sèche. Le projet vise entre autres la promotion de la gestion durable des terres agricoles et des forêts.

En appuyant l’amélioration des rendements des productions agricoles par des méthodes et itinéraires technologiques, on augmente la quantité de résidus agricoles disponible post récolte et donc un meilleur rendement des centrales à gazéification, qui seront mises en place par le projet. Par la gestion durable des terres, le projet vise aussi à séquestrer le carbone et les gaz à effet de serre (GES) et éviter ainsi les émissions de GES qui est l’un des objectifs du projet à savoir réduire l’émission de 1,094 millions de TCO2 .

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