Crédit illustration : PNUD


Le Bureau du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) au Bénin a organisé le 22 décembre 2021 une session de renforcement de capacités de tout le personnel sur les Violences basées sur le Genre (VBG). Initiée par le Senior Management, cette session a pour objectif de permettre à tout le staff, quel que soit son grade et son poste, d’avoir une maitrise du cadre législatif de promotion et de protection des droits des femmes, de la situation nationale sur les VBG et des mécanismes en place pour la prise en charge des cas au Bénin.

Le Bénin est doté d’un arsenal juridique renforcé, caractérisé par la coexistence de lois à caractère général tel le Code Pénal, le Code Civil et aussi et surtout de lois à caractère spécial grâce auxquelles on légifère sur des comportements spécifiques visant des personnes spécifiques telles que les femmes et les enfants. Le pays disposait déjà des lois comme la loi portant prévention et répression des violences faites aux femmes, le Code de l’enfant, le Code des Personnes et de la famille. Malgré ce cadre juridique, il est noté une recrudescence des VBG dans le pays.

En 2021, trois (3) lois modificatives, ont été prises dans les domaines, où la persistance ou la recrudescence, l’impunité, ou la faiblesse du niveau de répression sont observées. Il s’agit notamment du viol, surtout sur mineure et du harcèlement sexuel en milieu scolaire, académique et professionnel. A cet arsenal vient s’ajouter la loi portant mesures spéciales de répression des infractions commises en raison du sexe. Une loi prise et promulguée par le Gouvernement afin de renforcer, les trois (3) fonctions d’une loi : (i) La fonction punitive ; (ii) La fonction dissuasive, d’intimidation pour décourager la récidive ; (iii) La fonction de réadaptation ou d’amendement du délinquant.

A l’ouverture de la session, le Représentant Résident du PNUD au Bénin, M. Mohamed Aouale ABCHIR a encouragé le personnel à une participation active au regard de la vision et des objectifs du PNUD, en matière de réduction des inégalités entre les sexes.  

Pour mieux comprendre et s’approprier les thématiques Genre et VBG, les participants ont eu droit à une clarification des concepts faite par Mme Josephine KANAKIN, Chargée de programme, Genre, Droits Humains et VIH/Sida.

Ensuite, des informations sur la situation des VBG au Bénin, avec des données statistiques diffusées en septembre 2021, de même que l’arsenal juridique qui encadre et réprime les Violences faites aux femmes et aux filles au Bénin, ont été présentées par Me Huguette BOKPE GNANCADJA, Secrétaire Exécutive de l’Institut de promotion de la Femme au Bénin, invitée comme personne ressource.

Pour ce qui concerne les VBG au Bénin, Me BOKPE GNACADJA a fait constater la recrudescence des cas et la persistance du fléau, malgré les différents efforts du Gouvernement et de ses partenaires pour son éradication. Au Bénin, au deuxième trimestre de l’année 2021, les violences psychologiques ou morales représentent plus de la moitié (1738 cas sur un total de 3234) ; soit 60% des violences basées sur le genre enregistrées au plan national. Elles sont suivies des violences physiques (592 cas) ; soit 20% et des violences économiques (325 cas) ; soit 11%. Les violences basées sur le genre concernent aussi bien les femmes que les hommes avec une proportion de 15% enregistrée chez les hommes au cours de la période sous revue.

En matière de violences faites aux enfants, les grossesses précoces viennent en tête avec 400 cas enregistrés au cours du deuxième trimestre 2021. Elles sont suivies des violences psychologiques ou morales (207 cas), des mariages précoces (192 cas). En matière de Mutilations génitales féminines (MGF) 15 cas ont été recensés par les Centres de Promotion Sociales, les formations sanitaires, les ONG et autres structures partenaires, dont 10 sont pris en charge.  192 cas de mariage précoce ont été enregistrés par les différentes structures sociales sur le plan national. Les plus forts taux se retrouvent dans les départements de l’Alibori, du Borgou, de l’Atacora et du Zou avec respectivement 39 ; 36 ; 32 et 27 cas. Suivent les départements de l’Atlantique, de l’Ouémé et du Plateau avec une moyenne de 11 cas. Les plus faibles taux s’observent dans les départements des Collines, du Mono, de la Donga et du Couffo.

Les différentes présentations ont été suivies de riches échanges sous la modération de M. José Wabo, Représentant Résident Adjoint du PNUD au Bénin. A la fin de la session, un appel a été lancé à l’endroit de chaque membre du personnel en vue de son implication dans ce combat contre les VBG, que ce soit dans son environnement immédiat ou dans un cadre professionnel.

 

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