Affi Siokpo fait partie de la soixantaine de femmes appuyées par le Projet Moyens de Subsistance Durables à Agbodji dans la commune de Bopa. Crédit photo : PNUD Bénin/ Elsie Assogba



Au Bénin, la majorité de la population tire ses revenus des activités agricoles, qui de plus en plus sont affectées par les effets néfastes des changements climatiques. Avec l’appui du Projet Moyens de Subsistance Durables (PMSD), les agriculteurs adoptent des techniques de production résilientes, améliorent leurs rendements agricoles et revenus.

Georges Aloua, la trentaine fait partie depuis trois ans des bénéficiaires du PMSD dans le village d’Agbodji, commune de Bopa. Après une expérience peu reluisante dans le domaine du transport, ce conducteur de véhicule s’est reconverti dans le domaine de l’agriculture. Aujourd’hui, il excelle dans la production de pastèque grâce aux nouvelles techniques de production acquises. Tout souriant, il confie.  « Cette année, j’ai produit sur une superficie d’un demi-hectare de la pastèque. La récolte de m’a rapporté 900.000 francs CFA en l’espace de trois mois. Avec cet argent, j’ai pu acheter un terrain d’un hectare et une moto neuve ». Georges s’investit aussi dans la production du riz paddy. En 2020, il en avait tiré un bénéfice d’environ 400.000 francs CFA. Avec ces gains, il est fier de contribuer au bien-être de ses enfants. « Ils sont épanouis, ils mangent à leur faim et tous, à l’exception des deux derniers encore en bas-âge, sont scolarisés », renchérit-il. Même si les débuts ont été difficiles pour Georges, il se félicite de l’exploit réalisé. « Ce n’était pas facile. Je semais des pastèques sur plus d’un hectare et demi et je ne gagnais pas assez. Parfois je roulais à perte à cause de l’eau, qui pouvait tout détruire. Avec les ouvrages hydroagricoles installés par le projet, j’arrive désormais à mieux gérer l’eau et à produire des pastèques de bonne qualité».

Sur le site d’Agbodji, les femmes sont majoritaires. Elles ont aussi vu leurs revenus connaître une nette amélioration. Affi Siokpo fait de la production du maïs qu’elle écoule dans les marchés de Lobogo, Comé et dans d’autres localités environnantes. « Je suis très heureuse de bénéficier de ce projet. Avec les recettes issues de la dernière campagne de maïs, j’ai acheté une parcelle en cours de construction ».

 « Certaines femmes ont pu même déjà constituer une épargne pour des activités futures, l’amélioration du bien-être de leurs familles et un fonds de roulement pour la contre-saison de 2021 », rapporte Marie-José Kogbeto, visiblement contente de voir le PMSD œuvrer à la réduction des inégalités.

Lancé en 2018, le PMSD est appuyé par le Gouvernement du Bénin, le Fonds pour l’environnement mondial (FEM) et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). Il vise à soutenir une agriculture et des moyens de subsistance résilients et à intégrer les considérations relatives aux risques climatiques dans les processus de planification nationaux et infranationaux, afin que les communautés locales soient moins vulnérables aux changements climatiques. Les activités du projet sont menées sous la direction du CEPED et couvrent cinq (05) communes. Neuf (09) villages sont bénéficiaires des activités du projet. Il s’agit de : Kpakpalaré et Kadolasi (commune de Ouaké), Aouiankanmè et Damè (Savalou), Agbodji et Sèhomi (Bopa), Kotan et Danmè-Kpossou (Avrankou), Dakpa (Bohicon).

Des solutions basées sur la nature

Le site d’Agbodji est vulnérable au changement climatique. Il est bordé par le fleuve Couffo dont le débordement en période de crue inondait les champs. Les poches de sécheresses y étaient aussi intenses. Marie-José Kogbéto, Coordonnatrice du PMSD raconte : « Face à cette situation, le groupement de producteurs qui exploitait le site éprouvait de grandes difficultés à trouver les moyens pour diversifier leurs productions. C’est ainsi que pour la maîtrise de l’eau, le projet a réalisé quatre (4) grands bassins d’un volume de 7000 m3 chacun pour récupérer l’eau en cas d’inondation. Pendant la sécheresse, l’eau stockée dans les bassins et est utilisée pour la culture de contre saison ».

Aubin Fafeh, Expert en adaptation aux changements climatiques sur le PMSD ajoute : « Le projet a aménagé un site de 10 ha extensibles et réalisé un forage artésien qui rend l’eau disponible en permanence. Il a installé un système d’irrigation par aspersion par bandes perforées qui quadrille toute la superficie du site. Les agriculteurs/ trices produisent du riz, du maïs, de la pastèque et des cultures maraîchères (légumes feuilles, du piment, du gombo) ».

Avant, le site d’Agbodji n’est pas occupé pendant 4 à 6 mois. Désormais, il est exploitable 12 mois/12. « En début d’inondation, nous cultivons du riz. Quand le site s’assèche, on commence les cultures maraîchères et dès que nous les récoltons, on peut semer le maïs de contre-saison qu’on récolte avant que le site ne recommence par s’inonder»,  explique Marie-José Kogbeto, la Coordonnatrice du projet.

Grâce aux aménagements hydro agricoles, aux renforcements des capacités techniques des producteurs, aux intrants mis à disposition notamment les semences améliorées, à la diversification des cultures, les cultures saisonnières et de contre-saison sont devenus une réalité sur le site. L’utilisation des bio fertilisants et l’amendement du sol ont permis d’accroître les rendements : le maïs, qui dépasse 3 tonnes à l’hectare ; tandis que le riz a donné un rendement de 5 tonnes à l’hectare.

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